Mardi 30 septembre 2008

Ecrire un commentaire

          



                                                                          

Dreyfus, l'Intolerable Verite






         
                               

« L'affaire Dreyfus est une tragédie dont le héros est resté inconnu. Alfred Dreyfus demeure neutre d'aspect aux heures les plus atroces de son destin. Il ressemble à un cheval de corrida sans cri et sans regard dont les entrailles pendent. Il ne sait pas crier. Il ne veut pas crier. » (François Mauriac)

         


     

L'arrestation d'Alfred Dreyfus et le premier procès

 

6 octobre 1894 : La Section de statistique (service de renseignements de l'armée soupçonne le capitaine Alfred Dreyfus d'être l'auteur d'un bordereau manuscrit non signé adressé à l'attaché militaire de l'ambassade d'Allemagne en France Maximilian von Schwartzkoppen et relatif à l'envoi de documents secrets.

Le bordereau avait été intercepté le mois précédent à l’ambassade d’Allemagne, par une femme de ménage dans le bureau de l'attaché militaire, ce qui prouvait qu’un traître livrait des informations militaires.


11 octobre 1894 : le général Mercier, ministre de la guerre depuis décembre 1893, informe le Président de la République Casimir-Perier et le président du Conseil qu'il tient le coupable.

13 octobre 1894 : le capitaine d’artillerie Alfred Dreyfus, attaché au 3e Bureau de l'État-major, achevant une période de deux années de stage, est convoqué pour une inspection générale au ministère de la Guerre où il se rend en civil. En raison des soupçons pesant sur celui-ci,  le commandant Armand du Paty de Clam lui demande d'écrire une lettre. Au cours de la dictée, le capitaine Dreyfus est arrêté et accusé de haute trahison. Il est aussitôt interrogé.

15 octobre 1894 : Le capitaine Dreyfus est arrêté sur ordre du général Mercier. Il proteste de son innocence. Il est incarcéré à la prison du Cherche-Midi. Le commandant du Paty de Clam procède avec le commissaire Cochefert, chef de la sûreté, à une perquisition au domicile de d'Alfred Dreyfus.

29 octobre 1894 : le commandant du Paty de Clam écrit au chef d'État-major, le général de Boisdeffre que la preuve devant servir de fondement à l'arrestation de Dreyfus est fragile.

31 octobre 1894 : Le commandant du Paty du Clam, chargé de l'instruction préliminaire, remet son rapport au ministre de la Guerre, le général Mercier.

2 novembre 1894 : le général Mercier présente un exposé de l'affaire au conseil des ministres.

L'information est ordonnée et l'ordre est transmis au gouverneur de Paris, le général Saussier.

 

3 novembre 1894 : ouverture de l'instruction judiciaire contre Dreyfus.

28 novembre 1894 : le général Mercier fait constituer par le colonel Sandherr, chef de la Section de statistique, et son adjoint le commandant Henry un dossier sur le capitaine Dreyfus essentiellement composé de faux. Il fait état dans la presse de preuves accablantes contre Alfred Dreyfus. Il estime que la culpabilité de Dreyfus est « absolue, certaine ».

3 décembre 1894 : le magistrat instructeur, le commandant Bexon d'Ormescheville affirme que l'écriture du bordereau intercepté et celle du document dicté sont identiques.

19 décembre 1894 : ouverture des audiences du procès pour haute trahison du capitaine Dreyfus devant le premier conseil de guerre permanent du gouvernement militaire de Paris, rue du Cherche-Midi. Observant Dreyfus dans la salle d'audience Joseph Reinach décrit ainsi Dreyfus (Histoire de l'affaire Dreyfus) : « Taille moyenne, les épaules hautes, le dos un peu voûté, le visage d'un ovale délicat mais aux traits rigides, le teint mat, où la circulation capricieuse du sang amène des rougeurs, le regard fixe du myope, sous l'immuable lorgnon, des cheveux ras et blonds qui grisonnent ; quelque chose de sévère ; point de souplesse ; la voix monocorde, qu'il la tienne dans les notes basses ou qu'il l'élève ; la vie ardente mais toute intérieure. »

 


 

Le président, le colonel Maurel, annonce la décision prise par le conseil à l'unanimité de tenir les débats à huis clos suscitant les protestations de Me Demange, l'avocat du capitaine Dreyfus.

Des experts  concluent que les dissemblances d'écriture entre le texte du bordereau et celui obtenu sous la dictée l'emportent sur les ressemblances. Mais Alphonse Bertillon, chef du service de l'anthropométrie judiciaire à la préfecture de police avance des éléments techniques pour conclure que Dreyfus a contrefait son écriture. Le rapport à charge qu'il avait établi avait été un élément important de la décision d'arrestation. Bertillon continuera à soutenir que le bordereau était en papier pelure presque transparent afin d'être utilisé comme calque. Certains mots ou syllabes étaient répétés, paraissaient identiques et pouvaient même être superposés. Dreyfus aurait constitué une chaîne formée du mot « intérêt Â» répété plusieurs fois et aurait rédigé le bordereau sur du papier pelure. Des similitudes et des superpositions mesurées par des reproductions photographiques modifiées et de fausses probabilités visaient à démontrer que l'accusé avait contrefait son écriture ce qui tendait à prouver qu'il en était l'auteur (thèse de l'autoforgerie).

Le commandant Henry, délégué par la Section de statistique, prétend qu'une personne avait informé le service, dès février, qu'il y avait un traître parmi les officiers du 2e Bureau du ministère de la guerre. Il déclare à la barre de façon théâtrale et sans apporter de preuve : « J'affirme, moi, que le traître, le voilà ! »

22 décembre 1894 : A 19 heures 30, Alfred Dreyfus est reconnu coupable de haute trahison par le premier conseil de guerre permanent du gouvernement militaire de Paris, présidé par le colonel Maurel, auquel un « dossier secret Â» fabriqué de toute pièce a été communiqué lors de la délibération à l’insu de l’accusé et de son avocat. Il est condamné par le conseil, à l'unanimité de ses 7 membres, « Ã  la peine de la déportation dans une enceinte fortifiée et à la dégradation militaire. »

 

24 décembre 1894 : le général Mercier dépose un projet de loi rendant le crime d'espionnage punissable de la peine de mort. Jean Jaurès, qui ne met pas encore en doute la culpabilité d’Alfred Dreyfus, fait à la Chambre des députés le constat suivant : « Le capitaine Dreyfus, convaincu de trahison par un jugement unanime, n’a pas été condamné à mort. Et en face de ces jugements le pays voit qu’on fusille, sans grâce et sans pitié, de simples soldats coupables d’une minute d’égarement et de violence. Â» Le projet de loi n'est pas adopté.

28 décembre 1894 : Dans une lettre à son frère Mathieu,  Alfred Dreyfus écrit : « Comme je ne puis assez te le répéter, ma décision est prise. J'affronterai tous les martyres, tous les supplices car je veux découvrir les coupables.  Je les affronterai avec calme, dignité. Si mon âme a sombré un instant sous le coup épouvantable qui m'était porté, par contre je n'ai jamais baissé la tête, j'ai toujours regardé le monde en face.

Préparez le terrain, prenez vos informations, construisez lentement mais sûrement et avec une sombre énergie. Avec les appuis que je rencontre, je ne doute plus de l'issue de la lutte. Le succès répondra à nos efforts ; sera-ce demain, sera-ce beaucoup plus tard, je n'en sais rien, mais je ne veux pas mourir en laissant mon nom déshonoré à mes enfants. J'accepte donc la lutte. Je sais ce qui m'attend, je sais que j'aurai beaucoup à souffrir encore, mais qu'importe ? Mon nom avant tout.

Nous arriverons à notre but, mon cher Mathieu, je n'en doute pas, je n'en doute plus.

Soyons fiers et dignes dans notre terrible malheur. Je n'ai jamais demandé ni de pitié ni de grâce, je n'ai jamais demandé que justice. Eh bien cette justice, nous la ferons nous-même. »

31 décembre 1894 : le pourvoi en révision est rejeté.

2 janvier 1895 : Lucie Dreyfus est autorisée à entrevoir son mari au parloir de la prison du Cherche-Midi. Lors d'une seconde entrevue avec sa femme Alfred Dreyfus peut aussi voir brièvement son frère Mathieu.

5 janvier 1895 : La « parade d'exécution » débute à l'aube. Alfred Dreyfus est dégradé au centre de la cour de l’École militaire où il a été amené. Après la lecture de l'arrêt du conseil de guerre le général Darras déclare : « Dreyfus, vous êtes indigne de porter les armes. Au nom du Président de la République, nous vous dégradons ! »

 

 

 

Dreyfus relate la scène dans ses mémoires : « Aussitôt après la lecture du jugement, je m'écriai en m'adressant aux troupes : "Soldats, on dégrade un innocent ; soldats, on déshonore un innocent. Vive la France, vive l'armée !"

Un adjudant de la garde républicaine s'approcha de moi. Rapidement, il arracha boutons, bandes de pantalon, insignes de grade du képi et des manches, puis il brisa mon sabre. Je vis tomber à mes pieds tous ces lambeaux de mon honneur. Alors dans cette secousse effroyable de tout mon être mais le corps droit, la tête haute, je clamai toujours et encore mon cri à ces soldats, à ce peuple assemblé : "Je suis innocent !"

La cérémonie continua. Je dus faire le tour du carré. J'entendis les hurlements d'une foule abusée, je sentis le frisson qui devait la faire vibrer, puisqu'on lui présentait un homme condamné pour trahison, et j'essayai de faire passer dans cette foule un autre frisson, celui de mon innocence. Le tour du carré s'acheva ; le supplice était terminé, je le croyais du moins. »

On commence à prétendre que Dreyfus aurait fait des aveux au capitaine Lebrun-Renault après la dégradation.

 

15 janvier 1895 : Casimir-Perier démissionne de la présidence de la République

 

17 janvier 1895 : Félix Faure est élu Président de la République par le Congrès.

 

 

La déportation de Dreyfus

 

 

 

Le 17 janvier 1895 Dreyfus est sorti en pleine nuit de la prison de la Santé, amené depuis la gare d'Orsay par train cellulaire à La Rochelle, où une foule haineuse qui le reconnaît  menace de le lyncher, puis au bagne de l'ÃŽle de Ré. Il est embarqué le 21 février à La Rochelle à destination des îles du Salut.

Dans Cinq années de ma vie Dreyfus relate la traversée : « Les premiers jours de la traversée furent atroces ; le froid était terrible dans la cellule ouverte, le sommeil dans le hamac pénible. Comme nourriture, la ration des condamnés, servie dans de vieilles boîtes de conserve. J'étais gardé à vue, le jour par un surveillant, la nuit par deux surveillants, révolver au côté, avec défense absolue de m'adresser la parole. [...] Après quinze jours de cette horrible traversée, nous arrivâmes le 12 mars 1895 en rade des îles du Salut. J'eus l'intuition du lieu par quelques bribes de conversation échangées entre les surveillants, parlant entre eux des postes où ils pensaient être envoyés, postes dont les noms se rapportaient à des localités de la Guyane. »
 


Il est débarqué sur la plus grande de ces îles, l'île Royale où il est enfermé dans une cellule. Le 13 avril il est transféré à l'île du Diable, rocher ayant servi de lieux de détention pour les lépreux. Il y restera jusqu'au 9 juin 1899.


Les conditions de détention étaient dures et cruelles. Il est enfermé dans une case, surveillé en permanence par ses gardiens. Toute conversation lui est interdite :
En septembre 1896 le régime de détention fut brutalement aggravé sur l'ordre du ministre des colonies, André Lebon. Il était mis fin aux promenades. Puis il fut mis aux fers. La case où il était enfermé fut fermée par une haute palissade.
. Cette réclusion absolue fut maintenue durant le temps que nécessita l'arrivée des bois et la construction de la palissade, c'est-à-dire environ deux mois et demi. La chaleur fut grande, cette année-là, particulièrement torride ; elle était si grande dans la case que les surveillants de garde firent plainte sur plainte, déclarant qu'ils sentaient leur crâne éclater ; on dut, sur leurs réclamations, arroser chaque jour l'intérieur du tambour accolé à ma case, dans lequel ils se tenaient

 

Le combat pour la révision

 

Février 1895 : Mathieu Dreyfus convainc l’écrivain et journaliste anarchiste Bernard Lazare, connu pour sa combativité et son courage, de prouver l’erreur judiciaire.

 

13 avril 1895 : Alfred Dreyfus est transféré à l’île du Diable, au large de la Guyane.

1er juillet 1895 : Le commandant Marie-Georges Picquart, ancien professeur à l'école de guerre, officier d'État-major, est nommé à la tête du service des renseignements du ministère de la Guerre. Il devient bientôt le plus jeune lieutenant-colonel de l'armée française. Inquiets des entreprises de Mathieu Dreyfus et de Bernard Lazare, les chefs d'État-major chargent Picquart de continuer l'enquête menée sur Alfred Dreyfus.

 

 

 Janvier 1897 : Picquart est muté en Tunisie.

Juin 1897 : Profitant d’une permission, Picquart révèle l’erreur judiciaire à son ami Me Leblois.

.

2 novembre 1897 : le colonel von Schwartzkoppen est rappelé en Allemagne. Le 11 novembre il avoue au Président Félix Faure : « Je n'ai jamais connu Dreyfus.»

15 novembre 1897 : Mathieu Dreyfus dénonce la culpabilité d’Esterhazy dans une lettre au ministre de la guerre.

17 novembre 1897 : une enquête est confiée au général de Pellieux au sujet d'Esterhazy. Le général de Pellieux ordonne un perquisition au domicile de Picquart

 

« J’accuse !... Â»

13 janvier 1898 : Émile Zola relance l’affaire en publiant dans L’Aurore une lettre à M. Félix Faure, Président de la république : « J’accuse !... Â».

« J’accuse !... Â», lettre ouverte à M. Félix Faure, président de la République

 

 

 

Sous le titre choisi par Clemenceau de  « J’accuse !... Â», cette lettre fut publiée sur une page et demie du journal. Elle marque le point d'orgue d'une campagne de presse entamée par Zola dans Le Figaro du 25 novembre 1897 et que le rédacteur en chef lui avait demandé d'interrompre à la suite de protestations des lecteurs, qui menaçaient de résilier leur abonnement.

 

 

La protestation de Zola explose au moment où certains pensaient l'Affaire terminée : Dreyfus, avait été condamné en 1894, Esterhazy venait d'être acquitté et Méline avait déclaré qu'il n'y avait pas d'Affaire Dreyfus. Or Zola répond à Méline « L'Affaire Dreyfus commence. »

L'article de Zola fera progresser le tirage de L'Aurore de 60 000 à 300 000 exemplaires.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'Affaire : dreyfusards et antidreyfusards

 

14 janvier 1898 : première pétition des intellectuels dans Le Siècle et L'Aurore. Parmi les signataires de la pétition « protestant contre la violation des formes juridiques au procès de 1894 et contre les mystères qui ont entouré l'affaire Esterhazy » et persistant à demander la révision, on note : Émile Zola, Anatole France, Jean Ajalbert, Raymond Koechlin, Fernand Gregh, Daniel Halévy, Félix Fénéon, Robert de Flers, Marcel Proust, Victor Bérard, Lucien Herr, Charles Andler, Célestin Bouglé, Jean Perrin, Élie Halévy.

La Revue blanche prend  position en faveur du capitaine Dreyfus avec Lucien Herr, Charles Péguy, Félix Fénéon ou Julien Benda. Dans un numéro du 1er février 1898 on peut lire une dénonciation de l'erreur judiciaire : « Nous disons que ces choses, inouïes et indignes, en tout pays, ne sont pas tolérables dans une démocratie.», et dans un autre daté du 1er mars 1898 : « M. Zola a instauré un débat nécessaire. Il faut désormais être résolument pour ou contre lui, pour ou contre les libertés atteintes du même coup. »

 

. 22 janvier 1898 : Jean Jaurès, défendant Dreyfus, est frappé à la tribune de la Chambre par le comte de Bernis, député monarchiste du Gard.

 

 

 

Des manifestants huent Zola devant le palais de justice.

 

 

 

 

 

23 février 1898 : Émile Zola est condamné à un an de prison et 3 000 francs d'amende ; Perrenx est condamné à quatre mois de prison et 3 000 francs d'amende.

 

24 février 1898 : le lieutenant-colonel Picquart est réformé « pour faute grave dans le service ». Dans L'Aurore du 27 février 1898 

avril 1898 : nouveau procès Zola, à la suite de la cassation pour vice de forme, devant la cour d'assises de Seine-et-Oise.

Mai 1898 : aux élections législatives, Jaurès et Reinach sont battus, tandis que plusieurs candidats antisémites sont élus, dont Edouard Drumont, l’auteur de La France juive.

 

 

4 juin 1898 : l'assemblée générale de la Ligue des droits de l'homme et du citoyen se tient pour la première fois et adopte les statuts.

.

 

7 juillet 1898 : le ministre de la Guerre, Jacques Godefroy Cavaignac, veut établir la culpabilité de Dreyfus en produisant devant les députés les pièces secrètes, dont la lettre fabriquée par Henry, qu’il ignore être un faux.

A la Chambre des députés, il déclare en réponse à une interpellation :

 

 Â« La culpabilité de Dreyfus n'est pas établie seulement par le jugement qui l'a condamné ; elle est encore établie par une pièce postérieure de deux années, s'encadrant naturellement à sa place dans une longue correspondance dont l'authenticité n'est pas discutable ; elle est établie par cette pièce de façon irréfutable (applaudissements). Messieurs, ce n'est pas tout. Il y a  encore un autre ordre de faits. Et je déclare, quant à moi, dans ma conscience, que, tout le reste vint-il à manquer, ce seul ordre de faits serait encore suffisant pour asseoir ma conviction de façon absolue.; je veux parler des aveux de Dreyfus (mouvement). [...] Je n'ai plus qu'un vÅ“u à formuler ; ce n'est peut-être qu'une illusion ; c'est, en tout cas, une espérance ardente : c'est que demain tous les Français puissent s'unir pour proclamer que cette armée, qui fait leur orgueil et qui fait leur espérance (vifs applaudissements), n'est pas puissante seulement de la résolution avec laquelle elle a su prendre, pour sauvegarder la sécurité nationale, les résolutions nécessaires, n'est pas forte seulement de la confiance du pays, mais qu'elle est forte aussi de la justice des actes qu'elle a eu à accomplir (applaudissements prolongés sur tous les bancs.- M. le ministre, en regagnant son banc, reçoit de nombreuses félicitations). »

13 juillet 1898 : arrestation du lieutenant-colonel Picquart à la suite d'une plainte pour communication illégale de documents.


18 juillet 1898 : Zola est de nouveau condamné, cette fois par la cour d'assises de Seine-et-Oise.

12 août 1898 : Esterhazy bénéficie d’un non-lieu.

13 août 1898 : la fausseté des documents produits devant les députés est établie.

31 août 1898 : Henry, qui, convoqué la veille au ministère de la guerre, a avoué  avoir commis un faux, est arrêté et enfermé au Mont-Valérien. Il se suicide avec un rasoir laissé dans sa cellule.

 

3 septembre 1898 : Cavaignac démissionne. Lucie Dreyfus, demande la révision.

4 septembre 1898 : Esterhazy s'enfuit en Belgique, puis en Angleterre.

.

21 septembre 1898 : Picquart est écroué à la prison militaire du Cherche-Midi. L'incarcération  de Picquart suscite des protestations publiques. Francis de Pressensé écrit, en octobre, en avant-propos de Un héros : le lieutenant-colonel Picquart : « Une figure par-dessus toutes a rayonné d'un pur éclat. Un homme, simplement, sans phrases, s'est mis au premier rang des ouvriers, des victimes de la réparation nécessaire. C'est le colonel Picquart. Nous demandions un héros : le voilà. Oui, un héros : le mot n'est pas trop fort. [...] Picquart est le type admirable du vrai Français, deux fois Français, puisqu'il est né sur cette terre d'Alsace ; du vrai soldat, deux fois soldat puisqu'en vrai chevalier du droit, il a tout exposé, tout sacrifié pour la justice ; du vrai héros, puisqu'avec le courage après tout facile des champs de bataille, il a déployé avec une sublime simplicité le courage de la lutte pour le droit. On le persécute ; c'est la règle. Picquart ne serait pas si grand et si pur aux yeux de l'équitable postérité s'il n'avait souffert après l'expulsion de l'armée, après la ruine, après les outrages, les tortures du secret. »

..

 

8 novembre 1898 : début de l'instruction par la chambre criminelle de la Cour de cassation.

9 juin 1899 : Dreyfus quitte l'île du Diable où il est détenu depuis quatre ans.

Il embarque à destination de la métropole.

Picquart est remis en liberté.

 

Le procès de Rennes

 

30 juin 1899 : Alfred Dreyfus rentre en métropole pour son second procès.

7 août 1899 : ouverture du procès de Rennes.

 

 


  14 août 1899 : Me Labori, défenseur de Dreyfus avec Me Demange, se rendant à l'audience du procès, est blessé par un inconnu armé d’un revolver.

 

 

9 septembre 1899 : Après cinq semaines d'audiences Me Demange, avocat de Dreyfus, achève une plaidoirie de cinq heures. La défense, n'ayant pu obtenir de l'Allemagne des éléments reconnaissant l'innocence de Dreyfus, choisit, après des hésitations, de ne pas attaquer l'armée..

À 17 heures le conseil de guerre revient dans la salle. Le colonel Jouaust, président du conseil, annonce : Dreyfus est reconnu coupable par cinq voix contre deux . Il bénéficie toutefois de « circonstances atténuantes Â». Mais il est condamné à 10 ans de déportation.

 

19 septembre 1899 : Alfred Dreyfus est gracié par le Président de la République ; le même jour meurt Scheurer-Kestner.

 

Vers la réhabilitation

 

27 décembre 1900 : la loi d'amnistie est promulguée

.

29 septembre 1902 : Zola meurt à son domicile, asphyxié à cause d'un conduit bouché dans des circonstances mal élucidées.

 

5 octobre 1902 : funérailles d'Émile Zola. Alfred Dreyfus ainsi notamment que Daniel Halévy, Octave Mirbeau et Albert de Monaco suivent le cortège funèbre. Cinquante mille personnes accompagnent le cercueil jusqu'au cimetière Montmartre.

 

6 - 7 avril 1903 : Jaurès prononce un discours à la Chambre des députés relançant l'Affaire.

 

Le général André, Ministre de la guerre fait procéder à une enquête dans les archives du ministère et de l'État-major.

19 octobre 1903 : remise au général André par le capitaine Targe du rapport dont il a été chargé et révélant l'existence au ministère de la guerre de documents falsifiés inédits.

 

26 novembre 1903 : Alfred Dreyfus demande la révision du verdict de Rennes.

25 décembre 1903 : le gouvernement saisit la Cour de cassation de l'arrêt du conseil de guerre de Rennes.

5 mars 1904 : la demande de révision est déclarée recevable.

 

Dreyfus réhabilité

 

12 juillet 1906 : la Cour de cassation, sous la présidence du Premier président Ballot-Beaupré, cassant l'arrêt du conseil de guerre de Rennes, réhabilite Dreyfus ,

Annule le jugement du Conseil de guerre de Rennes qui, le 9 septembre 1889, a condamné Dreyfus à dix ans de détention et à la dégradation militaire, par application des art; 76 et 463 C pén. et 1er de la loi du 8 juin 1850;

Dit que c'est par erreur et à tort que cette condamnation a été prononcée ;

Donne acte à Dreyfus de ce qu'il déclare renoncer à demander l'indemnité pécuniaire que l'art. 446 C inst. crim. permettait de lui allouer ;

Ordonne qu'en conformité de cet article le présent arrêt sera affiché à Paris et à Rennes et sera inséré au Journal Officiel, ainsi que dans cinq journaux, au choix de Dreyfus ;

Autorise Dreyfus à le faire publier aux frais du Trésor et au taux des insertions légales dans cinquante journaux de Paris et de province, à son choix ;

Ordonne que l'arrêt sera transcrit sur les registres du Conseil de guerre de Rennes et que mention en sera faite en marge de la décision annulée. »

 

Sans l'initiative héroïque de Zola l'innocent serait encore au bagne, à moins que la mort ne l'eût libéré des tortures morales et physiques que lui infligeaient ses criminels bourreaux 

L'honneur de Dreyfus

 

20 juillet 1906 : Alfred Dreyfus est fait chevalier de la Légion d’honneur lors d'une cérémonie à l'École militaire.

 

 


Le jour même de la cérémonie, un nationaliste exalté, Grégori, tire sur Dreyfus qu’il blesse au bras.

1914-1918 : le commandant Dreyfus est mobilisé et affecté au front. Il termine la guerre au grade de lieutenant-colonel.

11 juillet 1935 : mort d’Alfred Dreyfus

          

Par mandy-stephan-chris - Publié dans : Secrets d'histoire - Voir les 0 commentaires
Ecrire un commentaire - Recommander
Retour à l'accueil

Présentation

  • : aelya
  • ile-mysterieuse
  • : paranormal parapsychologie civilisations disparues toutes questions qui ne trouvent aucune réponse logique récits insolites Divers
  • : c'est mon univers tout ce que j'aime la féerie du monde des fée et des lutins ; des sirènes des océans et des déesses de l'olympe et je vous ouvre les portes vers les anciennes civilisations disparues et je vous fait voyager dans l'espace a la recherche des OVNIS et des étoiles et je vous attire vers l'audela de la vie pour communiquer avec les esprits frappés et retrouver les forces obscures du monde d'en bas et même les anges du paradis tout ce qui dépasse toute logique et réalité afin de déco
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Profil

  • : aelya
  • ile-mysterieuse
  • : Femme
  • : réveuse simple imaginative amoureuse de la natu
  • : J'aime rêver m'évader loin du quotidien et croire que les générosité des cÅ“urs simples existe encore J'aime voir les gens sourire et être heureux et aller au delà du réel au limites du fantastiques

Calendrier

Juillet 2009
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

Créer un Blog

Recherche

Blog : Automobile sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus