Samedi 3 janvier 2009

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Arrivée des Manga sur d'autres supports

          

           

En fait, il faut attendre les années 90 et notamment 1993, pour que le public français ne commence à s'intéresser aux manga. C'est à partir de 1993 que la seconde partie du manga DragonBall, de Akira Toriyama appelée pour la télévision DragonBall Z, est diffusée et remporte un immense succès. C'est cette série qui a créé le boom des manga en France, puisque Glénat, qui avait persisté dans sa traduction de Akira, commença alors la traduction de DragonBall, et de Appleseed, de Masamune Shirow.

A partir de ce moment, le succès des manga s'étendit, permettant aux boutiques spécialisées dans l'importation du manga d'augmenter leurs ventes, ce qui eu pour effet de voir s'accroître le nombre de ces boutiques. Mais dès 1993, le nombre d'éditeurs de manga traduits s'accroît également... Le marché des manga était lancé...

La dernière étape fut lorsqu'en 1994, AK Vidéo décida de traduire les vidéos de DragonBall Z, ce qui lança le marché des vidéos... 

 

 

           


 

Qu'est-ce que le Manga?

 

 

          

 

Le Manga papierLe Manga papier est le Manga dans sa forme originale. Presque tous les Manga papier sont en noir et blanc. Le Manga est d'abord pré-publié dans de gros magazines hebdomadaires de 350 pages environ, avec une impression et un papier de qualité médiocre. L'un des magazines les plus connus actuellement est Shonen Jump. Il a publié DragonBall et City Hunter. Chaque mangaka doit soutenir un rythme effréné afin de publier une quinzaine de pages par semaine. C'est pour cette raison que l'auteur s'entoure souvent d'une équipe d'assistants pour l'aider. Par exemple le Studio Mashroom aide Ôtomo (Akira).

 

 

            

Au rythme de 15 pages par semaine, deux mois suffisent au mangaka pour sortir une version regroupée de son manga dans un volume de 200 pages, au format de poche (c'est sous cette forme qu'ils sont traduits en France). Là encore la qualité du papier laisse à désirer, mais l'impression est bonne. Les mangaka ont donc un grosse production. Par exemple, Tsukasa Hojo a dessiné City Hunter de 1985 à 1994 sur 35 volumes, ce qui donne un total de environ 10 400 pages en neuf ans.

Enfin, en cas de gros succès le manga peut être publié à nouveau dans une version de luxe, grand format (21×29,7), souvent colorisée, regroupant trois à quatre volumes. Mais rares sont ceux qui, comme Akira, y parviennent.

Les séries T.V.

Si un manga a un certain succès, il sera adapté pour la télévision sous forme d'une série comportant plus ou moins d'épisodes. La qualité du dessin est très variable d'un épisode à l'autre, car les séries télévisées sont faites par un regroupement de studios. En effet, pour retranscrire le manga à la télévision, on le redécoupe de manière à avoir un moment fort à la fin de chaque épisode. Ensuite on distribue les épisodes aux différents studios. Ainsi on peut trouver des séries où cinq studios différents travaillent dessus. Ceci provoque souvent des irrégularités plus ou moins remarquables dans le dessin d'un épisode à l'autre, selon le character designer. Une autre caractéristique des séries télévisées est leur animation très médiocre (6 ou 7 images par secondes), car les budgets par épisode sont souvent extrêmement limités (400 000 F pour un épisode télévisé de 30 mn). Les séries les plus importantes totalisent de nombreux épisodes. Par exemple, voici le nom des séries terminées au Japon durant le mois de février 1996, suivi de leur nombre d'épisodes:
DragonBall Z (291), Street Fighter II V (29), Ninkû (55), Magic Knight Ray-Earth (49), Captain Tsubasa J (= Olive & Tom J) (47), Zenki (52), Gulliver Boy (50), Romeo no aoi sora (33), Jura Tripper (39).
Comme on peut le remarquer la production de séries est importante.

Notons enfin que certains manga sont adaptés en téléfilms qui seront diffusés en prime-time, comme l'a été le téléfilm CITY HUNTER, T.V. special: The Secret Service, tiré de la série, adapté du manga de Tsukasa Hojo, City Hunter (= Nicky Larson).

 

 

           

L'Original Animation Vidéo (O.A.V.)

 

               

Lorsque un manga obtient un grand succès en papier et en série, il peut alors être adapté en O.A.V. Celle-ci est une série parallèle au manga. Si la série télévisée reprend point par point le scénario du manga, l'O.A.V. utilise des scénarios différents, tout en utilisant l'univers, les personnages... du manga. Ainsi les héros des meilleures séries, tout en gardant les mêmes caractéristiques, vont vivre des aventures, vont rencontrer des personnages qu'ils n'ont jamais rencontré dans le manga d'origine.

 

       

 

 Ces dessins animés sont destinés à la vente sur support vidéo. De ce fait, ils bénéficient d'une réalisation souvent plus soignée, tant dans la mise en scène que dans le graphisme. Le budget étant moins limité que pour une série (800 000 F pour une O.A.V.), ce sont  les studios et les characters designer les plus doués qui les réalisent. Certaines séries ont une grande carrière en vidéo puisqu'elles arrivent à totaliser un nombre important d'épisodes O.A.V. Il en est ainsi pour Les Héros de la Galaxie, qui totalise 126 O.A.V. ou Tenchi Muyo qui en compte 18.

Le film d'animation

 

          

Les manga ayant le plus grand succès ou la plus grande qualité sont enfin adaptés au cinéma. Alors on choisit des équipes d'élite qui bénéficient d'un budget important et qui vont adapter le manga pour en faire un réel film d'animation. Les graphismes deviennent alors de haute qualité, l'animation passe en 25 images secondes. Les plus connus sont Akira de Katsuhiro Otomo, Porco Rossode Myazaki, et dernièrement Ghost In The Shell de Oshii.

 

       

 

Il est donc important de remarquer que contrairement à ce que disent les détracteurs des manga en les comparant aux films de Disney, l'animation de tous les manga n'est pas médiocre, et qu'elle dépend simplement du support auquel l'adaptation est destinée. Ainsi, la plus grande partie des films d'animation tirés de manga sont d'une qualité d'animation égale à celle des oeuvres cinématographiques de Disney. De même les séries destinées à la télévision sont d'une animation aussi médiocre que celle des dessins animés destinés à la télévision et produits par Disney. 

 

 

        

 

Caractéristiques du style manga

 

 

            

Le "Style manga" créé par Ozamu Tezuka, est le mariage entre des techniques cinématographiques américaines, des idées françaises et japonaises apportées par chaque mangaka. C'est peut être pour cette raison que le manga s'étend de plus en plus sur le monde...

 

        

 

 

Des inspirations américaines

 

 

         

 

Les inspirations américaines viennent essentiellement du cinéma américain. C'est Ozamu Tezuka qui, en grand amateur de ce type de cinéma, a le premier décidé de donner un rythme comparable à son manga.

Il décida donc de créer ce qui va devenir les nouveaux codes graphiques pour la bande-dessinée japonaise.
Ainsi, pour retranscrire sur papier le rythme et la vie du cinéma, il dessine chaque action sous plusieurs angles, à des distances et des cadrages différents, en incluant des changements de plans et des mouvements de caméra.

 

          

 

 Le manga possède alors des allures de story-board (ce qui facilite par la suite son adaptation animée). C'est cette caractéristique qui fait dire à de nombreuses personnes que les scénarios de tous les manga sont peu consistants. S'il existe certains manga pour lesquels cela est vrai, pour la plupart, cette impression vient du fait que chaque action est décomposée par l'auteur et prend donc plus de place. De ce fait, une personne lisant 30 pages d'un manga (ou regardant un épisode d'une série) trouvera effectivement que le scénario est léger. Mais une personne continuant à lire (ou à regarder d'autres épisodes) s'apercevra que c'est le style de narration du manga qui impose cette lenteur du scénario. 

 

 

        

 

 
Gunsmith Cats, Manga Player 15, page 32

Dans Gunsmith Cats, on remarque fréquement des planches ou la mise en page est originale. En "brisant" les cases de cette manière, l'auteur permet de une vision de l'action sous plusieurs angles de vue.  



            

 

De plus, afin de renforcer la vitesse des héros, il utilise une technique que l'on retrouve dans les comics américains, celle des traits. Les traits sont là pour mettre en évidence les notions de vitesse, de puissance d'un personnage, ou pour que le lecteur   remarque mieux les sentiments du personnage. Placés en arrière-plan, les traits se dirigent tous :
- soit dans une direction et sont alors multipliés de manière à accentuer l'impression de vitesse,
- soit vers un personnage, de manière à mettre en valeur ses sentiments ou son action. 

 

         

 

Ghost In The Shell, Manga Player 2, page 41
Dans Ghost In The Shell, la technique des traits permet de montrer l'accélération des véhicules.  
  
            
 

Enfin dernier emprunt de Ozamu Tezuka à l'Amérique: les grands yeux caractéristiques du manga. Ceci vient du fait que Tezuka était un grand fan de Disney et qu'il appréciait particulièrement les grands yeux qui rendaient si attachant Dumbo et Blanche Neige. Les grands yeux sont très expressifs et permettent de faire passer l'émotion plus efficacement, puisque, en grandissant les yeux, on peut alors jouer sur une palette plus large de sentiments. 

 

         

 

 
Tokyo Babylon, Vol.4, page 16

Dans Tokyo Babylon, de Clamp, on retrouve les grands yeux caractéristiques d'une certaine idée que l'on se fait des manga.


Des inspirations françaises

 

        

Le coté français du manga vient à son origine, du design des personnages. Pour certains japonais, afin d'être à la mode, il faut faire comme en France. C'est pour cette raison que de nombreux mangaka dessinent leurs héros avec un "look " plus ou moins français pour nous, mais que eux pensent être réellement français. C'est ainsi que l'on retrouve des modes vestimentaires inspirées de près ou de loin de modes françaises mais comportant certaines erreurs. La plus grosse erreur des Japonais à propos de la mode française a été à propos des cheveux. En effet, cela fait vingt ans que selon les mangaka japonais, la majeure partie des Françaises ont les cheveux rouges, bleus, ou verts...

 

              

 

Des adaptations japonaises

 

Le rôle des japonais par la suite a été d'adapter toutes ces caractéristiques à leurs manga...

Pour cela, ils vont utiliser de nouvelles techniques, qui ont pour but principal d'impliquer d'avantage le lecteur. Par exemple, on trouve dans les manga, des cases brisées (n'ayant pas une forme rectangulaire) ou des dessins traversant plusieurs cases. De cette manière, l'auteur accentue l'importance d'une action.

On trouve aussi des techniques comme le "personnage témoin", où un spectateur est présent, durant un moment fort ou une action d'éclat du héros. Il permet par ses réflexions de suggérer des sentiments au lecteur. Ainsi dans certains manga sur le sport, les futurs adversaires du héros assistent au match précédent. 

 


  Les Japonais ont aussi apporté une rupture de style et une hétérogénéité graphique au manga. Dans un manga, les personnages peuvent changer totalement d'expression de visage d'une page à l'autre, suivant leurs réactions. De ce fait, un manga n'est jamais ancré dans un seul style. Ainsi le manga City Hunter est à la fois humoristique, violent, glauque, et érotique. Ceci a des répercussions sur le héros qui peut avoir, selon les situations, une tête de jeune premier, d'obsédé sexuel, et de "débile". On remarque d'ailleurs que, pour les scènes humoristiques, la majeure partie des mangaka ignorent les décors, qu'ils remplacent par une tapisserie de petits dessins identiques tels des oiseaux, des bananes, des bulles de savon... 

 

          

 

 

 Les influences sociales des manga

Par aelya - Publié dans : Dessins animés, BD et mangas - Voir les 0 commentaires
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