Emblème du bonheur et du repos céleste, le premier éventail réellement connu est égyptien. Il est fait de bois enrobé d'une feuille d'or.
C'est au VIe siècle de notre ère qu'un Japonais, inspiré par le vol d'une chauve-souris, inventa le charmant accessoire pliant que nous connaissons. Curieusement, ce sont les militaires japonais qui l'utilisèrent pour saluer.
Les Chinois en firent autant, invitant aimablement leurs visiteurs à s'éventer en leur disant : « Tsing Chen », accueil chaleureux que nous avons repris lorsque nous disons : « tchin tchin ! ».
Au XVIIe siècle en France les Précieuses (ridicules !) l'appelaient « l'utile zéphyr » ou « le paravent de la pudeur ».

Je suis fâchée contre toi
La préhistoire
Nous n'avons pas de témoignage de l'existence de l'éventail à l'époque préhistorique.
Toutefois la parenté de cet ustensile avec le chasse-mouches, et son utilisation dans ses variantes rustiques, pour entretenir le feu permettent de penser que nos lointains ancêtres ne l'ont pas ignoré.
L'antiquité
Des éventails très anciens sont attestés en Egypte il y a plus de 5000 ans ! Il s'agit d'éventails de cérémonie, fixes et à long manche, actionnés par des serviteurs. D'autres, en plumes d'autruche, âgés de plus de 4000 ans, ont été trouvés au Soudan.
La tombe de Tout-Ank-Amon en contenait deux : éventails fixes, aux manches richement décorés d'or et de pierres, dont les plumes ont hélas disparu.
En Assyrie, comme le montrent par exemple deux cylindres décrits dans un site (disparu) des élèves de l'école Normale Supérieure, l'éventail de palmes était utilisé, notamment lors de cérémonies religieuses.
De nombreuses sculptures ou oeuvres graphiques dans la plupart des grands musées, montrent des éventails fixes, et nombre d'auteurs anciens, les évoquent, notamment au théâtre. Nous donnerons ici la description d'Anthony Rich (Dictionnaire des Antiquités..., traduction M. Chéruel, 1883) :
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"Flabellum - Eventail . Les éventails des dames grecques et romaines étaient faits de feuilles de lotus, de plumes de paon ou d'autre matière de ce genre, peinte de brillantes couleurs. Ils ne pouvaient pas s'ouvrir ou se fermer comme les nôtres, mais ils étaient raides et avaient un long manche... puis qu'on se servait toujours d'un esclave..." (on notera ici que l'iconographie nous montre pourtant bien des éventails individuels !) Rich présente un éventail en feuille de lotus, d'après une peinture de Pompéi, l'autre en plumes de paon, d'après une peinture de Stabies. On notera que tous ces éventails étaient fixes, même si des "tabulae" ont pu préfigurer les éventails "brisés".
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L'antiquité extrême-orientale
n'était certainement pas en reste : toutefois, bien que certains textes (non contemporains) en mentionnent la présence il y a 3000 ans, les éventails (fixes d'abord) ne sont pas attestés en Chine avant 600 av. J.C. et au Japon avant le 3ème siècle de notre ère.
On a trouvé en Chine des éventails en bambou tissé datant du IIème siècle av. J.C.
Bas-Empire et Moyen Age
Les dames continuent certainement, à Rome et à Constantinople puis Byzance, à utiliser les éventails décrits ci-dessus.
L'éventail conservait avec l'Église Chrétienne le rôle liturgique que la religion juive donnait déjà aux Séraphins. Les "flabelli" utilisés semblent avoir été soit à plumes fixées sur un manche, soit du type "cocarde" ou "écran soleil", genre d'éventail que l'on retrouvera jusqu'au XXème siècle,
dans des usages généralement plus profanes. Encore faut-il noter que ce n'est qu'avec le concile de Vatican II, il y a moins de 40 ans, que le flabellum disparaîtra des attributs pontificaux.
L'un de ces éventails, dit "flabellum de Monza" (VIème siècle) était d'ailleurs la réutilisation d'un objet ayant appartenu à une dame de réputation incertaine... qui par ce don aurait racheté ses fautes !
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Dans la "société civile" italienne, et sans doute en d'autres lieux du pourtour méditerranéen voire d'Afrique ou d'Orient, c'est cependant l'éventail écran, notamment de forme drapeau, qui était, semble-t-il, le plus répandu.
A Djibouti, de nos jours encore, l'on trouve des "massarfa" de fibres tissées. A l'origine, ces écrans étaient des objets rituels, utilisés le jour des noces pour rafraîchir le jeune marié. Ces massarfa sont souvent très colorés et frangés de brins de laines multicolores. On trouve dans diverses autres régions du nord de l'Afrique (Mali etc.) de tels éventails... qui sont hélas parfois confondus, quoique datant du XIXème ou XXème siècle, avec ces anciens écrans italiens... |
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La Renaissance
Les voyages maritimes circumplanétaires, et le partage du monde entre Espagne et Portugal, amèneront les souverains ibériques à recevoir de Colomb et Cortes des éventails de plume (dont celui de Montezuma, aujourd'hui à Vienne), et les navigateurs lusitaniens à découvrir au Japon l'éventail plié.
Ils en ramèneront des caisses, qui de Lisbonne se répandront dans la péninsule et en Italie, où la renaissance s'épanouit, suscitant l'envie des rois de France.
Et c'est Catherine de Médicis, reine de France, qui aurait introduit en France les premiers éventails pliés. En Angleterre, Elizabeth Ière prisera fort, semble-t-il, les éventails de tout genre, au point de décider que c'était là le seul cadeau que pussent lui faire ses sujets !
C'est à cet époque d'ailleurs que son nom se fixe : le Moyen-âge avait connu les "esmouchoirs", puis les "esventours" (dans une charte de 1384), et Rabelais décrivait encore "des esventoirs de plumes, de papier, de toile".
Il reste fort peu d'éventails de cette époque.
Le XVIIème siècle
Contrairement à ce que l'on aurait pu imaginer, les pays importateurs premiers de l'éventail ne développèrent pas les premiers une véritable activité de création. En dépit de ce que la production actuelle pourrait faire croire, l'Espagne (et surtout le Portugal) ne s'y adonnèrent guère.
C'est surtout en Italie (parallèlement aux éventails écran, qui demeuraient appréciés) que se développa une production de qualité, grâce aux prouesses des peaussiers dans l'obtention d'un vélin particulièrement fin, dit cabretille, peau de cygne etc. Les italiens et les français utilisèrent assez vite ces peaux (et, plus rarement, du papier), en y reproduisant des scènes mythologiques ou tirées de l'histoire ancienne, sur la base de tableaux de peintres connus.
Des graveurs célèbres s'illustrèrent aussi dans la création de feuilles d'éventail, notamment Abraham Bosse ou Jacques Callot en France, Wenceslas Hollar en plusieurs pays.
Ces feuilles sont souvent destinées à des écrans fixes, qui seront usités aussi dans les siècles suivants, avec des manches généralement en bois et tournés.
Bataille Navale représentée sur l'Arno à Florence en 1619
Gravure de Jacques Callot, dite "L'Eventail", quoique destinée à un écran, mais dont la forme a été reprise pour des éventails Louis XIV
Les montures des éventails pliés étaient le plus souvent d'ivoire, souvent peu décoré, mais où l'on adjoignit bientôt des incrustations de nacre, d'écaille. A la fin du siècle, le progrès des techniques vit apparaître des montures en écaille (éventuellement "piquée" d'or ou d'argent, avec des décorations à la Berain) ou en nacre, lorsqu'il fut possible de réaliser solidement des brins comportant quatre ou cinq morceaux collés ensemble.
Les éventails les plus luxueux recevaient une monture en métal précieux, qui généralement n'a pas résisté à la fonte, notamment par application des édits royaux. Ceci explique, avec les accidents survenus sur les autres types de monture, que beaucoup de feuilles de cette époque nous soient parvenues sous forme de tableaux, souvent ainsi "mises au rectangle" et plus ou moins repeintes.
Les formes et les styles peuvent varier. On note cependant une prédominance de fonds sombres, et, souvent, sur la contre-feuille, de remarquables jetés de fleurs, fort comparables à certains tableaux alors en vogue.
Parfois (en Angleterre notamment, où l'on utilisait des peaux plus grossières, et où l'éventail ne comportait qu'une simple feuille (monture justement dite "à l'anglaise"), le revers comporte un simple surlignement des "bouts" par une sinueuse ligne dorée.
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Deux détails (feuille et contrefeuille) d'un éventail (anglais ?) fin XVIIème (Diane poursuivant Actéon) |
A la fin du siècle, en imitation d'éventails introduits d'Asie, on vit également se développer une production d'éventails brisés réalisés généralement sur ivoire, rarement sur bois.
Ils seront souvent ajourés, et le revers reproduit en dessin ou teintes estompées la peinture vue par transparence.
La minutie des peintres, et la convenance particulière de l'ivoire pour la miniature ont donné lieu ici aussi à de très beaux objets.
éventail fin Louis XIV (rappel : pas de copie sans notre autorisation ! )
Le XVIIIème siècle
On se doute bien que les éventails, comme les hommes, n'obéissent pas aux injonctions toute apparentes des changements de siècle ! Les premières années du siècle, jusqu'à la Régence, ne marquèrent qu'une évolution limitée.
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Les éventails brisés furent moins ajourés, le travail de la nacre et de l'écaille se perfectionna. Mais après la disparition de Louis XIV, les sujets mythologiques ou religieux furent moins en vogue (du moins en France : les éventails à scènes bibliques restèrent très goûtés dans des pays protestants comme la Hollande), les scènes plus pastorales se répandirent pour les éventails de mariage ou de fiançailles et l'on consacra des trésors de virtuosité à l'élaboration de montures somptueuses, avec notamment des brins en nacre d'une finesse inégalée par la suite.
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Cet éventail a sans doute été réalisé en 1770 à l'occasion du mariage de Louis XVI, alors dauphin, et de Marie-Antoinette. Sa monture en ivoire est à décor de dauphins en nacre, et la scène de la feuille représente Jupiter et Junon avec leurs attributs et que des amours viennent couronner. |
A partir des années 1760 cependant, les montures se firent moins importantes et devinrent "squelettes", les feuilles ne se couvrant plus totalement d'une peinture, mais de cartouches plus ou moins élaborés.
Les feuilles abandonnèrent de plus en plus la peau pour la soie (moins coûteuse) ou le papier "serpente" des éventails ordinaires, et les sujets, abandonnant le "grand genre", privilégièrent les scènes pastorales, les évocations de l'amour et du mariage (cages à oiseaux et autels de l'amour...), illustrant les jeux, divertissements et plaisirs à la mode, ou célébrant les événements défrayant la chronique : comète, modes excentriques, premières ascensions en ballon. Les éventails à système ou mécanismes divers se développent alors.
L'éventail est si bien un objet social, que son usage est réglementé à la Cour. Ainsi, dans les Souvenirs (apocryphes) de la Marquise de Créquy peut-on lire : "Mme d'Egmont ... était dans un trouble visible ; elle avait les yeux fixes, elle tenait son visage à moitié caché par un éventail (au mépris de l'étiquette de Versailles, car alors on ne prenait jamais la liberté d'ouvrir son éventail en présence de la Reine, à moins que ce ne fût pour en user en guise de soucoupes et pour présenter quelque chose à S. M.)".
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Par ailleurs l''industrialisation commence alors, avec l'amélioration des procédés de pliage de la feuille, avec le développement (plus tardif en France qu'en Angleterre semble-t-il) des éventails imprimés, avec leur utilisation comme support de chansons, musique, et bientôt de propagande politique.
Cet usage politique culmina bien entendu sous la révolution française, qui utilisa aussi bien les éventails de format habituel (qui restera exprimé en pieds et pouces, même après l'avènement du système métrique) que des éventails "géants" dont on ne trouve plus que rarement le modèle d'origine, sans illustrations et textes politiques.
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Cet éventail révolutionnaire montre le "désespoir des pensionnaires" dont la"nuit du 4 Août", fameux épisode de la révolution à l'été 1789, a (par ses conséquences) supprimé ou diminué les ressources. On remarque divers types sociaux, allant de l'aristocrate au ramoneur.
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Le XIXème siècle
Bien que moins affectés directement par les événements, les autres pays suivaient peu ou prou la même évolution.
L'éventail connut un déclin certain, lié aux bouleversements sociaux, à la disparition de certains circuits de production, à l'évolution de la mode.
La taille de l'éventail diminua, et à la Restauration, il s'en fit beaucoup de brisés, essentiellement en corne et ivoire, souvent assez faiblement décorés, bien que l'on trouve aussi de vrais "éventails bijoux". L'éventail plié subiste cependant ici et là , et pourra illustrer pièces de théâtre ou oeuvres romantiques.
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Eventail en corne teintée (pour imiter l'écaille), repercée, peinte de fleurettes, avec ruban (changé au XXème siècle), très typique des petits éventails qui, entre 1820 et le renouveau vers 1840, ont en quelque sorte "assuré l'intérim" entre les règnes de l'éventail du XVIIIème siècle et de la fin du XIXème.
Un renouveau se fit cependant sentir, qui dans un premier temps se traduisit d'abord par la sortie des commodes des éventails de Grand-Maman, comme en témoigne le texte ci-dessous, qui montre aussi que c'est l'époque où (plus peut-être en fait qu'au XVIIIème siècle) l'on utilise, en réalité ou en rève, le "langage de l'éventail".
Les Eventails - Maintenant, il n'y a pas une femme riche qui ne sache que le complément d'une brillante toilette est un éventail du temps de Louis XV ; mais où le trouver ? chez Prévost, qui en a une collection complète, ornés des dessins originaux de Boucher, Greuse, Vatau, Barvier, Pichard, Vauloo, etc., etc. Ces éventails, d'un travail précieux, ont servi, il y a un siècle, aux plus brillantes femmes de la cour de Louis XV. Eh bien ! aujourd'hui ils sont encore d'une beauté, d'une fraîcheur extraordinaires. Les bâtons sont en ivoire, sculptés à jour, et ornés de personnages en or fin, estampés en relief. Quelques parties doublées en nacre produisent un effet charmant. On ne peut rendre la finesse de toutes ces petites figures si délicatement travaillées. Quant aux peintures qui forment l'éventail, ce sont des sujets mythologiques, de gracieuses pastorales ou de scènes d'intérieur, avec les costumes et les uniformes de l'époque. Il faut voir le fini de ces petits chefs-d'oeuvre pour comprendre les soins et le talent de l'artiste, en composant ces jolies miniatures !...
Et se dire que ces éventails sont plus vieux que nous! plus âgés que notre grand'mère ! eux, encore si brillans ; et cependant, que de fois ils ont été agités, soit pour marquer l'impatience, la joie ou le dépit ; car, vous le savez, mesdames, à cette époque l'éventail était l'arme des belles ; il y avait pour le beau sexe l'exercice de l'éventail ; chaque mouvement indiquait une émotion, et toutes les femmes se servaient de l'éventail, depuis la coquette habile, la prude astucieuse, l'orgueilleuse au front hautain, jusqu'à la femme honnête et modeste qui souvent n'employait son éventail que pour se rafraîchir ou pour cacher un sourire involontaire. L'art compliqué de l'éventail est passé de mode, mais les éventails anciens font fureur. Un bel éventail coûte deux, trois, quatre et même cinq cents francs. Je vous recommande le magasin de la Cloche d'Or ; nulle part vous ne trouverez une aussi belle collection. ( Journal des Femmes - 1er mars 1835)
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Cet engouement pour les éventails du siècle précédent favorisa la reprise (finesse d'exécution en moins, le plus souvent) de modèles XVIIIème siècle, avant que la prospérité du Second Empire, la copie de styles passés, le talent de grands éventaillistes et des ouvriers de l'Oise, l'intérêt de quelques peintres célèbres ne concourent à une véritable explosion.
L'Espagne, qui fabriquait peu d'éventails, mais en importait de plus en plus, notamment de France, se mit à y développer des manufactures, cependant que l'Espagnole s'attachait à cet objet au point que de nos jours encore, le grand public associe à l'Eventail l'image de l'Espagne et de ses productions hélas le plus souvent fort médiocres. Voir d'ailleurs à ce sugjet un intéressant texte de Théophile Gautier extrait de son "Voyage en Espagne"
Dans les années 1860/1870, il est difficile de trouver une gravure de mode sans éventail... L'amélioration des procédés industriels (lithographie, façonnage des montures etc..) facilita cet essor, mais les plus belles pièces renouaient avec une qualité inédite depuis un siècle.
C'est là , en vérité, la période d'or de l'éventail, où coexistent la réalisation de modèles de grand prestige et la diffusion vers les classes moyennes, qui vont ainsi pouvoir revivre sous la République les fastes désormais démocratiques de la Monarchie.
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La fin du siècle vit l'éventail croître en taille puis rétrécir, et l'éventail publicitaire acquérir pleinement droit de cité, d'abord sous forme d'éventails pour le spectacle, puis pour les compagnies de chemin de fer et enfin les hôtels, casinos et boissons de toute sorte. Le goût pour le Japon permit l'utilisation d'éventails importés, parfois publicitaires ou "événementiels".
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L'éventail dont un détail est donné ci-contre est un éventail de grande envergure, typique des années 1890 bien qu'il soit plus tardif. Il donne en effet, mêlés aux cartouches publicitaires, les noms et photos des artistes devant se produire à Rouen lors de la saison lyrique 1902-1903. Sur l'autre face, publicité pour le magasin de vêtements Dewachter (une succursale était en activité en Bretagne, près de chez nous, jusqu'en 1998...) .
Sur la face représentée, on trouve entre autres des publicité pour les automobiles Renault, le Pétrole Hahn, le Grand Marnier, le quinquina Picon, marque qui se distinguera au XXème siècle par un recours abondant à la publicité sur éventails.
Le XXème siècle
L'éventail, généralement de petite taille, quand il s'adaptait à l' "Art Nouveau", ou même quand il imitait derechef les styles passés, restait utilisé dans la première décennie. Mais, comme l'indiquait le "Petit Echo de la Mode" dès la première année du siècle, "il ne régnait plus".
Il connut cependant encore quelque succès, même si les modèles réalisés dans ces années sont souvent présentés par des marchands ignorants comme plus anciens.
Mais la guerre de 1914/1918 lui porta un coup fatal, parachevé par l'émancipation de la femme, qui, conduisant les automobiles, fumant la cigarette, travaillant à l'usine ou au bureau, n'en voyait plus l'utilité ni l'agrément.
Certes la haute couture et le monde du spectacle continuaient quelque temps à y faire appel, mais c'était un chant du cygne. Seuls les éventails publicitaires continuaient à se développer, avant de voir eux-même leur champ diminuer avec la seconde guerre mondiale.
Les éventails en celluloïd, nés à la fin du XIXème siècle continuaient aussi à se développer, à usage parfois publicitaire, mais surtout comme objets de mode ou touristiques. Certains sont fort intéressants. Demeurent enfin en Asie et en Espagne surtout, des productions généralement de masse, à usage autochtone ou pour touristes, qui obligent les collectionneurs d'éventails à craindre certains cadeaux d'amis bien intentionnés quoiqu'économes !
Le XXIème siècle
Peut-on croire à un retour de l'éventail au XXIème siècle ?
Malgré le réchauffement climatique qui en a fait ces dernières années un objet de plus en plus "dans le vent" (!), et sa inature par essencel HQE (Haute Qualité Environnementale), la chose paraît peu probable.
Et pourtant ! Ce diable d'objet a si souvent su se refermer et attendre que l'orage passe, que nous le verrons peut-être s'ouvrir à nouveau et reprendre sa conversation légère...
Ce sera peut être, quii sait, le siècle de son triomphe ? !!!
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L'éventail "naturel"
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I |
Il ne fait pas de doute que l'homme a d'abord utilisé pour se rafraîchir, pour chasser les insectes, pour activer le feu ou s'en protéger des moyens qu'il trouvait dans la nature. Par son ingéniosité, il a ensuite décoré, transformé, copié ces objets. Voici un éventail indonésien formé d'un os (omoplate) de bovin et gravé d'un dieu .
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L'éventail rigide
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Après avoir utilisé ce que la nature lui offrait sous une forme brute, après avoir détourné des objets existants (palmes, os...), il a créé des objets permettant de s'éventer, rigides, et de formes diverses, que l'on appelle écran, ou parfois drapeau quand l'objet affecte cette forme. Ici, un autre exemple de l'artisanat indonésien
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L'éventail en plumes
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Tout naturellement, l'homme (ou la femme) se sont inspirés du battement d'aile des oiseaux pour créer les objets dont le mouvement devait leur apporter la fraîcheur : à différentes époques, on trouve donc des éventails en plumes, rigides ou pliants. Le plus ancien connu est sans doute celui trouvé dans le tombeau de Tout-Ank-Amon, dont le modèle a perduré à travers les siècles : il n'était pas bien différent de celui reproduit il y a quelques décennies sur cette image publicitaire.
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L'éventail palmettes
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Pourquoi ne pas penser que la vue des plumes, et des éventails les utilisant, a donné l'idée à un ingénieux créateur d'en imiter la forme ? Réalisé dans divers divers matériaux , ce type d'éventail est connu à de nombreuses époques. Ici, un éventail publicitaire en papier, à la fois "palmettes" et "découpé", pour le Pavillon Royal, Bois de Boulogne à Paris.
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En partant des palmes, ou des plumes, reliées ensemble par leur pointe, l'évolution logique vers un éventail formé de diverses plaquettes de matériau solide est facile à imaginer. Ce type d'éventail se trouve, lui aussi, à diverses époques et en divers lieux. Celui représenté ci-contre est en ivoire, il date du début du XVIIIème siècle, est sans doute français, et a hélas subi quelque peu les outrages du temps. |
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L'éventail plié Folding fan
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L'éventail plié est la forme la plus répandue de l'éventail. Bien que certains éventails brisés figurent parmi les plus beaux (et les plus coûteux), l'éventail plié représente, par sa complexité d'exécution, la diversité de ses matériaux et des métiers mis en oeuvre, la grande variété de ses tailles, présentations, modes de fabrication, l'éventail typique, tel que se le représentent spontanément la plupart des gens, tant en Occident qu'en Extrême Orient.. Celui-ci, réalisé en France au début du siècle, représente Sarah Bernhardt dans "l'Aiglon" (d'Edmond Rostand)

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Yves