Beaucoup de femmes lors des civilisations Egyptiennes ont pris le pouvoir seule ou au côté du pharaon. Elles ont inspiré un Amour sublimé à leurs époux et aux artistes qui nous ont laissé d'elles de magnifiques fresques, statues ou monuments. L'histoire de l' Egypte des pharaons perdure encore de nos jours grâce à elles. Les reines citées dans le texte qui suit ont exercé le pouvoir conjointement au pharaon ou seule et ont dirigé l'Egypte.
PREMIERE PARTIE.
TETISHERI OU TETI-SHERI.
Tétishéri ou téti-shéri vécu vers -1600 avant JC. Elle est la fille de Tienna et Néfrou . Elle est une reine de la XVII ème dynastie. Elle est l'épouse de Senakhtenrê, Taô Ier .
Elle est la mère de Séquenenrê, Taô II qui épouse la grande épouse royale Ahhotep (Iâh- Hotep) ” que le dieu lune soit accompli “. La momie de Séquenenrê garde les traces de coups profonds sur son visage et son crâne (donné probablement par une hâche de guerre) qui ont été volontairement laissés par les momificateurs. Il est mort lors d'un combat contre les Hyksôs.
Elle est la grand-mère de Kamôsis ( Kames) et d' Ahmosis (Ahmose). Leur capitale est Thèbes, qu'ils préserveront des envahisseurs. Ils combatirent contre les Hyksôs et réunifièrent les deux terres d'Egypte, la Haute et la Basse Egypte.
Tétishéri vécu environ 70 ans et un décret la reconnut pour ses bienfaits rendus à l'Egypte pendant cette période troublée par la guerre avec les Hyksos ( en Egyptien hekaou khasout, les chefs des pays étrangers). Les Hyksos montrent leur supériorité militaire grâce au cheval jusqu'alors inconnu en Egypte : deux chevaux étaient attelés à un char de guerre. Les Hyksos occupent alors une grande partie de l'Egypte. Ils firent d'Avaris sur le Delta, leur capitale. L'occupation des Hyksos fut longue de plus de 100 ans. Les Egyptiens les chasseront hors de l'Egypte et utiliseront par la suite les chevaux pour livrer bataille.
Ahmosis (né de la lune), son petit fils offrit à Tétishéri un domaine et une magnifique tombe. Ahmosis a épousé la reine et divine adoratrice Ahmès-Néfertari ( la belle entre les belles), qui devient alors la grande épouse royale.
A Abydos, Ahmosis fit construire une chapelle en l'honneur de sa grand-mère Tétishéri.
On peut y voir le pharaon Ahmosis sur une stèle mettant des offrandes à la reine Tétishéri.
DEUXIEME PARTIE.
HATCHEPSOUT.
Mâatkaré, Khenemet-Amon, Hatchepsout, ( règne d'environ -1479 à -1458 avant JC) est une reine de la XVIIIème dynastie. Elle règna pendant une période de prospérité de l'Egypte. Elle est l'épouse de Thoumosis II . A sa mort, elle prit d'abord le pouvoir comme femme en tant que co-régente de Thoumosis III, le fils de son demi-frère. Puis durant sa minorité, elle règna.
Après 7 ans de règne, elle se proclame donc pharaon. Le titre de Pharaon était alors réservé aux hommes. En conséquence, pour mieux s'imposer à la tête du pouvoir , Hatchepsout s'habilla comme un homme. Elle fit disparaître ses formes de femme sous un habit de pharaon. Elle porta la barbe postiche et la queue de taureau des pharaons. Elle dirigea le pays pendant 15 ans
Elle se fit construire, en 1500 avant JC, sur la rive ouest du Nil, en face de Thèbes un temple funéraire somptueux à Deir El Bahari, par l'architecte Semnout. Ce temple funéraire a des lignes modernes et s'encastre parfaitement dans le cirque rocheux où il a été construit. Ce temple est composé d'une allée de sphinx à l'effigie d'Hatchepsout et de terrasses à plusieurs niveaux. Il est placé sous la protection de la déesse Hathor, déesse de l'Amour et de la Beauté.
Dans ce temple se trouvent de nombreuses fresques, notamment celle de l'expédition menée au pays de Pount ( Somalie) par la reine, pour récupérer des tissus, de l'ivoire, des résines, des essences rares, myrrhe, encens, de l'ébène, des minéraux, de l'or, des animaux , panthères, léopards, singes etc… sous son règne.
Des fresques d'animaux et d'autres sous différents thèmes peuvent être vues encore aujourd'hui. Elles sont en bon état de conservation.
Hatchepsout fit édifier des obélisques à la chapelle rouge de Karnak, le temple de Pakhet en moyenne Egypte, des sanctuaires sur l'île d'Eléphantine etc…L'inscription qu'elle a fait mettre sur le temple de Pakhet, en moyenne Egypte est : ” Mon esprit considère l'avenir car l'âme d'un roi pense à l'éternité. Le Dieu m'a créée pour rendre forte sa puissance sur terre. “
Elle a règné 21 ans. Puis Thoumosis III reprend le pouvoir. La momie d' Hatchepsout se trouve au Musée du Caire.
TROISIEME PARTIE
NEFERTITI.
“La belle est venue”, Néfertiti (Nefer Neferou Aton) règna d' environ de -1370 à -1354 avant JC. Elle fut reine au côté d'Akenaton.
Elle fut associée au pouvoir par ce dernier . Elle développa avec son époux la religion d'Aton, le dieu unique. Elle prit les richesses des temples d'Amon qui devenaient un danger pour le pouvoir du Pharaon.
On suppose qu'elle fut une princesse étrangère. Elle est prénommée sur des stèles Kiya, surnom d'origine asiatique.
On a retrouvé deux magnifiques bustes de Nefertiti, sculptés par Toutmosé, qui montrent qu'elle fut une très belle femme .
Il aurait peut- être été son amant.
Elle fonda, avec Akhenaton, la ville d'Akhetaton (Tell El Amarna ) qui devint la nouvelle capitale de l'Egypte. Dans ce lieu avec le pharaon , elle pouvait adorer le Dieu Aton. Elle fit construire des temples avec son époux à ciel ouvert où les rayons d'Aton pouvaient atteindre le couple royal, pour lui donner les pouvoirs divins.
On voit sur des fresques des mains au bout des rayons d'Aton ( le soleil) qui irradient le couple royal de ses bienfaits.
Des prêtres d'Aton furent nommés dans ces temples, qui faisaient des offrandes et participaient au culte en présence du pharaon et de la reine.
Elle ne mit au monde que des filles :
- Méritaton, ( l'aimée d'Aton) qui épousa Sémenkharé ( qui fut co-régent d'Akhenaton).
- Mekétaton qui mourut prématurément. On trouve des fresques du deuil de ses parents dans la tombe d'Amarna, ( la protégée d'Aton).
- Ankhésenpaaton (elle vit pour Aton) qui épousa Toutankhamon et prit le nom d'Ankhsenamon .
- Puis Néfernérouaton ( belle est la perfection d'Aton), Neferneférourê ( belle est la perfection de Ré) et Sétépenrê (l'élue de Ré).
Nefertiti associait ses filles à la vie publique. L'une d'elle devint même l'épouse d'Akhénaton.
Nefertiti disparut d'un seul coup de cette vie publique. S'est elle retirée à la suite du deuil de certaines de ses filles ? A-t-elle été bannie ? Est-t-elle morte ?
Cette période du pharaon hérétique, Akhénaton, reste encore une énigme car énormément de traces de la vie du couple royal
ont été effacées par les nouveaux pharaons qui ont vénéré à nouveau le culte d'Amon et redonné le pouvoir à leurs prêtres.
Seuls restent , pour connaître l'histoire, les tombeaux dont les peintures des fresques sont en très mauvais états.
QUATRIEME PARTIE
ANKHESENPAATON devenue ANKHESENAMON dite AKHESA.
Elle est la troisième fille de Nefertiti et d'Akhenaton . Elle a entre 12 ou 15 ans lorsqu'elle épouse Toutankhaton (règne vers -1346 à -1327avant JC) qui serait un fils d'Akhenaton et d'une autre femme que Nefertiti peut être Tiyi . Toutankhaton aurait lors de ce mariage entre 10 et 13 ans. Les personnages influents du royaume sont Aÿ le père divin, le général et grand chambellan Horemheb, le trésorier et sculpteur Maya, l'ambassadeur Hanis. Toutankhamon serait le demi frère ou le frère de Sémenkharé le co-régent d'Akhénaton qui a règné à ses côtés environ 1 an.
Le couple royal quitte la capitale d'Akhénaton, sans guerre civile, ni destruction, la laissant au désert. La cité sera détruite beaucoup plus tard sous le règne de Ramsés II.
Le couple royal retourne vers le clergé d'Amon et prend comme capitale Menphis. Ankhesenpaaton prend le nom de Ankhesenamon et Toutankhaton celui de Toutankhamon . Le peuple revient aux croyances des dieux anciens.
Après 9 ou 10 ans de règne Toutankhamon meurt. Il a environ 18 ou 19 ans, victime semblerait-il d'un attentat. On trouve une blessure sur sa momie à la tête. Il est enterré dans une minuscule tombe de la Vallée des Rois. Elle fut découverte par Howard Carter qui présente la seule tombe intacte du Nouvel Empire dont Toutankhamon fut le 11 ème roi de la XVIIIème dynastie. Cette tombe contient un lourd sarcophage et est remplie de mobilier hétéroclite, divers objets statues etc….Toutankhamon porte un masque d'or de 11 kg. Le 3ème cercueil contenant la momie est en or et pèse 110 kg.
Le couple a eu deux enfants morts nés que l'on retrouve momifiés dans la tombe de Toutankhamon.
Veuve trop tôt Akhesa a vécu la tourmente de la fin d'une époque. Elle est garante de la légitimité de l'Egypte. A la mort de Toutankhamon, elle épouse Aÿ , âgé, qui devient pharaon pendant 3 ou 4 ans. A sa mort elle demande au roi des Hittites , Souppilouliouma, de lui envoyer un fils comme époux. Il se fait tuer en chemin. La trace d'Akhésa disparait ensuite de la vie publique. Puis Horemheb devint pharaon ( vers 1323- 1306 avant JC ). Horemheb et ses successeurs tinrent compte de l'expérience d'Akhénaton et surveillèrent étroitement le clergé de Thèbes. Le règne d'Horemheb fut heureux et prospère. Il sut maintenir l'équilibre entre le clergé de Ré de Memphis et celui d'Amon de Thèbes.
La découverte des trésors de Toutankhamon a permis de connaître le visage d'Akhésa. La reine apparaît jeune sur une plaque d'ivoire ornant le couvercle d'un coffre. Elle est très belle et ressemble à Néfertiti. Elle présente à son mari des bouquets de lotus et de papyrus .
Sur le dossier d'un trône plaqué d'or, Akhésa est représentée plus âgée. Elle a un visage plus grave. Elle porte une couronne comportant des cornes de vache symbolisant la déesse Hathor, d'un soleil et deux hautes plumes. De la main droite, la reine fait un geste de protection destiné à pharaon. A son côté une inscription ” Pour l'éternité “.
D'autres représentations, sur les parois des chapelles de Toutankhamon montrent Akhésa à divers moments de son existence. La reine accompagne pharaon à la chasse pour l'aider à soumettre les forces du chaos. De plus quand le roi tient un ennemi par les cheveux son épouse est derrière lui et le gratifie d'un fluide bienfaisant. Quand Toutankhamon tire à l'arc, la reine est assise devant lui et désigne le fourré de papyrus d'où s'élèvent les oiseaux etc…
On voit aussi le roi versant un liquide parfumé à la reine, assise sur un coussin, dans sa main droite . Elle se retourne, regarde vers pharaon et pose le coude gauche sur les genoux de son époux.
CINQUIEME PARTIE.
NEFERTARI.
Nerfertari ( la plus belle de toutes), vécu environ 1300 à 1260 avant JC. Elle est l'épouse très aimée et chérie de Ramses II, un des pharaons les plus puissant d'Egypte, qui succède à son père Séthi Ier . La capitale de l'Egypte est alors Pi -Ramsés.
Dès les premières années du règne de Ramses II, elle fut associée au pouvoir. Elle fut couronnée en tant que reine à l'âge de 19 ans et porta le titre de ” Souveraine du double pays, celle qui préside à la destinée de la Haute et de la Basse Egypte, maîtresse de toutes les terres, celle qui satisfait les dieux, épouse du dieu vivant.”
Le pharaon l'appelle ” la Dame de charme, la riche d'Eloges, la belle de visage et la douce d'Amour”.
Dans toutes les grandes décisions, Néfertari se trouvait au côté de Ramses II. Lorsqu'il partait en guerre, elle prenait la tête du pouvoir à sa place.
Elle est associée aux cérémonies religieuses. Elle participe au traité de paix avec les Hittites.
Nefertari a eu une fille Merytamon qui serait devenue par la suite reine en épousant à son tour Ramses II.
Néfertari mourut, à l'âge de 40 ans. Sa tombe est la plus belle de la vallée des reines.
Ramses II fit construire un temple à Abou Simbel. A l'entrée de ce temple, 4 statues gigantesques de 38 mètres de haut, sont sculptées par des artistes représentant Ramses II.
A côté de ce temple, par Amour et en l'honneur de la grande épouse royale, Néfertari, Ramses II fit édifier un autre temple . Il est également monumental. Néfertari y figure en compagnie des enfants royaux.
SIXIEME PARTIE.
CLEOPATRE VII.
Cléopâtre VII, ” la déesse , l'aimée de son père” est née à Alexandrie en l'an 69 avant JC. Elle est la fille de Ptolémée XII. Elle fut reine d'environ 51 à 30 avant JC.
A la mort de son père, elle monte sur le trône avec son frère Ptolémée XIII, alors âgé de 10 ans. Cléopâtre a 17 ans. Elle épouse son frère. Mais il l'écarte du pouvoir et elle doit fuir pour avoir la vie sauve.
Elle est âgée de 22 ans lorsqu'elle rencontre César. Elle tue son époux et épouse un autre frère Ptolémée XIV . Elle redevient alors souveraine d'Egypte.
Cléopâtre est très cultivée. Elle parle plusieurs langues. Elle a beaucoup de charme et sait séduire les hommes. Elle veut aussi protèger l'Egypte.
Elle devient la maîtresse de César, empereur de Rome. Elle a un fils avec lui, Césarion, ( fils de César-Amon et de Cléopâtre Isis), qui devient son corégent à la mort de Ptolémée XIV
Mais César est assassiné en l'an 44 avant JC, par Brutus, à Rome.
Octave et Antoine les héritiers de César se partagent le trône.
Cléôpâtre séduit donc Antoine qui devient son amant. Marc Antoine passe l'hiver à Alexandrie en 41-40 avant JC. Cléopâtre accouche ensuite de deux jumeaux, Alexandre Helios, un garçon et Cléopâtre Salomé, une fille. Plus tard, avec lui, elle a encore un autre enfant.
Mais Octave revendique l'Egypte, comme province romaine. Une bataille a lieu à Actium (en l'an 31 avant JC). Elle débouche sur la défaite d'Antoine.Vaincu et croyant à la mort de Cléopâtre, Antoine se tue de son propre glaive et meurt dans ses bras.
Cléopâtre ne veut être prise par Octave et exhibée comme un trophée. Elle se donne, en l'an 30 avant JC, le 12 Août, la mort au moyen de la morsure de deux vipères, cachées dans un panier de figues. La morsure des aspics ( Uraeus) passait pour conférer l'immortalité. Elle a 39 ans.
Octave fait assassiner Césarion. L'enfant qui est né de l'union de César et de Cléopatre aura donc un destin tragique. Césarion ne vivra que 17 ans (47-30 avant JC). Il prendra le nom de Ptolémée XV et sera le dernier roi d'Egypte. Associé à sa mère, publiquement reconnu roi par Antoine en 34 avant JC, il fut mis à mort après la bataille d'Actium car il représentait un danger politique pour Rome.
Les 3 autres enfants d'Antoine sont emmenés et élevés par Octavie, épouse légitime d'Antoine. Le déclin de l'Egypte est déjà amorcé.
Sexualite
Les Égyptiens connaissaient à peu près toute les méthodes de contraceptions modernes, mais ils ont également conçu le tout premier test de grossesse connu. Les femmes humectaient chaque jour un échantillon d’orge et d’amidonnier (une sorte de blé) avec leur urine. Si l’orge poussait, cela signifiait que l’enfant serait un garçon ; si l’amidonnier poussait, ce serait une fille. Si aucun des deux ne poussait, c’est que la femme n’était pas enceinte. L’efficacité de ce test a été confirmée par la science moderne. L’urine des femmes qui ne sont pas enceintes empêche l’orge de pousser.
Les raisons de la contraception
Les méthodes contraceptives n’étaient pas utilisée par la majorité des femmes égyptiennes. En réalité, elles étaient utilisées principalement par les prostituées (ne pouvant se permettre d’être enceinte avec leur métier) et les filles non-mariées (pour éviter d’être mal vue). Des motifs plus médicaux pouvaient également jouer, comme semble l’indiquer un décret oraculaire de la Basse Epoque. Les accouchements représentant toujours un danger important pour les femmes les plus fragiles et celle dont la constitution ou l’hérédité laissait présager des complications susceptibles d’être fatales. Un bassin trop étroit ou des grossesses gémellaires dans la famille par exemple. Il semble aussi que les pratiques contraceptives est étaient recommandées en cas de problème psychiatriques gravidiques et post gravidiques. Les méthodes de contraception
Préservatif
On retrouve les premières traces de préservatifs entre -1350 et -1200. Le préservatif était alors composé de lin coloré, trempé dans l’huile d’olive. Ils étaient utilisés sur les momies par les embaumeurs, mais nous ne savons pas si c’était pour des raisons sacrée ou sexuelles... On a aussi connaissance de préservatifs fabriqués à partir de membranes intestinales de moutons, ils étaient surtout utilisés contre les maladies infectieuses, selon les spécialistes
Stérilet
Le stérilet retrouve ses origines en Égypte ancienne : en effet on sait que des morceaux d’acacias étaient utilisés afin de se protéger d’un grossesse potentielle aux temps des pharaons
Pilule
Pour empêcher la grossesse, on utilise couramment la pilule contraceptive, composée d’hormones (œstrogènes) censés inhiber une partie du cerveau (le complexe hypotalamo-hypophysaire), et ainsi empêcher le développement d’un fœtus. Les égyptiens anciens semblaient avoir compris cela car ils utilisaient des pilules artisanales : en réduisant en poudre des graines de grenade, il fabriquaient grâce à de la cire des petits cônes contraceptifs. En effet, le fruit du grenadier contient un œstrogène naturel !
Tampon contraceptif
Le "Papyrus de Ebers", daté de 1550 avant J.C, est le premier manuscrit détaillant des moyens de contraception :
"faire en sorte qu’une femme cesse d’être enceinte pour une année, deux ou trois ans. Une partie de Kaa d’acacia , de la coloquinte, des dattes seront moulues finement dans un pot de miel, [ensuite] une compresse sera humidifié avec [la préparation], puis on l’appliquera sur le [sexe féminin] (vagin)"
Ebers 783 (93,6- 8 )
Spermicides
Les égyptiens utilisaient aussi des crèmes que l’on pourrait comparer avec nos spermicides actuels. Mélangés à du miel, des dattes ou à d’autres substances, des excréments de crocodiles ou d’éléphants étaient régulièrement utilisés dans les pommades et onguents prescrits, voici près de 3800 ans, par les médecins égyptiens. Leur fermentation en faisait d’excellents spermicides. Certains ingrédients ont réellement des vertus contraceptives (le miel et l’huile de dattes sont connus pour leurs effets spermicides), mais d’autres ingrédients, comme les crottes de crocodile sont présent pour des raisons de croyances. Le crocodile étant une des formes de Seth, il s’agissait d’introduire un vecteur de chaos dans le ventre de la femme visant à empêcher le cours normal des choses, autrement dit la fécondation. Même les produits réellement efficaces avaient des propriétés symboliques, les médecins égyptiens prescrivaient ainsi l’application locale d’un tesson de vase neuf pour provoquer un avortement. Si on peut expliquer cette prescription pour les vertus antiseptique et antitoxique de l’argile on peut aussi y voir le symbolisme bien connu du vase brisé (en particulier dans les rites d’exécration). L’acacia pour sa part était souvent associé aux rites de destructions d’éléments néfastes et pouvait donc être prescrit pour se débarrasser d’un élément considéré comme nuisible à l’équilibre de la famille.
"une compresse devra être enduite d’excréments de crocodile, puis appliquée à l’entrée de [là où elle donne naissance]"
(Ram IV C 2-3)
Excision et circoncision
"L’une des coutumes observées avec un soin extrême par les Egyptiens consiste à élever chaque enfant qui voit le jour, et à pratiquer la circoncision des garçons et l’excision des filles, comme il est aussi d’usage chez les Juifs, qui sont d’origine égyptienne."
(Joyce Tyldesley. "les femmes dans l’ancienne Egypte" p143)
Excision
D’après Joyce Tyldesley, l’excision semble être pratiquée en Égypte ancienne... Cependant, nous n’avons pas de preuve de sa pratique, et aucune des momies retrouvées n’avait été excisée (bien que cela ne soit pas une preuve suffisante car nous n’avons pas de momies du peuple, qui pouvait avoir des pratiques différentes de la haut société
Christiane Desroches Noblecourt fait remarquer que de très rares textes parlent de "jeunes filles qui n’ont pas été coupées". Ceci pourrait suggérer une mutilation rituelle pour les filles au même titre que la circoncision pour les garçons. Par contre, les transports amoureux dont on parle dans les Chants d’amour paraissent totalement incompatibles avec une excision totale. Il reste la possibilité que ces chants soient de simples fantasmes.
Lynn Meskell (Vies privées des Egyptiens) à une thèse bien différente des autres égyptologues. Il suggère que les filles étaient très tôt considérée comme des êtres sexuels, et par conséquent mêlées à des scènes érotiques. Nombreuses sont les représentations où on les voit nues ou à demi-nues, associées à des symboles comme des fleurs de lotus, portant des ceintures sur les hanches et munies d’instruments de musique. L’association de fillettes à la sexualité est fréquente dans l’imagerie qu’elle soit réelle ou imaginaire et cette situation devait être acceptée. Ces éléments semblent suggérer que leur rôle social et sexuel commençait très tôt. Il ne faut pas oublier que l’âge du mariage était de douze ou treize ans pour les filles (seize à vingt ans pour les hommes, selon les sources) et cela faisait dire qu’il n’y avait pas d’adolescence pour elles.
"Contrairement à la circoncision pour laquelle on a plusieurs témoignages sous forme de texte ou de représentation, il n’y a, à priori, pas de certitude en ce qui concerne l’existence de l’excision en Egypte ancienne.
Il y a deux ou trois textes obscurs (désolée, je n’en ai pas les références) dans lesquels certains passages traitent d’une "pratique qui pourrait être interprétée comme une circoncision féminine". Ces passages, sans plus de précision, restent soumis à l’interprétation subjective de chaque lecteur.
De plus, en ce qui concerne les observations qui pourraient être faites sur les momies elles-mêmes, la circoncision quand elle a eu lieu est facilement mise en évidence. Ce n’est pas le cas pour l’excision, le dessèchement et le racornissement des chairs après momification ne permettant pas d’affirmer avec certitude qu’elle a été pratiquée."
Françoise Dunand
Circoncision
Elle était pratiquée à l’époque Thinite, mais plus à partir du Nouvel Empire, pour les rois. On ignore sa signification, mais on peux supposer qu’il s’agit simplement d’une question d’hygiène. On retrouve des représentation de la circoncision sur certains bas-reliefs de temples (à Karnak notamment) ou sur les parois de certaines tombes.
Hérodote nous apprend que laa circoncision appartient en propre aux Égyptiens et Éthiopiens ou Nubiens. En effet, dans la civilisation assyro-babylonienne, on ne trouve pas de traces de circoncision. Celle-ci s’est répandue dans le "monde méditerranéen" et chez les Arabes et les Juifs ("Syriens de la Palestine" d’Hérodote ; Flavius Josèphe cite également ce passage d’Hérodote : voir Contre Apion, I, 22) par l’Égypte, où elle se présente comme un trait culturel antique, identifiable dès les origines mêmes de la civilisation égyptienne (au Néolithique : présence d’étuis péniens), et permanent à travers toute l’histoire de la civilisation de la vallée du Nil.
Les règles chez les égyptiennes
La "purification" rituelle. C’est vraisemblablement comme cela que les égyptiens nommaient les règles. En fait, il semble qu’il confondent les règles et les lochies : après l’accouchement, pendant 14 jours, la jeune mère s’isolait du lieu de vie commun avec son nourrisson. Cet isolement pouvait se faire dans le pavillon de naissance. Ces bâtiments étaient peut-être construits spécialement à cet effet, à l’extérieur des maisons. Il n’est pas étonnant que les fouilles archéologiques n’en aient retrouvé aucun, vu la légèreté de la construction. D’autres égyptologues pensent qu’ils étaient simplement dressés sur les toits des habitations ou, comme à Deir el-Medineh, que les accouchements se déroulaient dans la première pièce de la maison. On a, en effet, retrouvé des décorations murales de cette pièce, consacrées à la sexualité et à la naissance. Il en est de même dans le village d’ouvriers d’Amarna. Ces écoulements étaient-ils considérés comme des saletés qui devaient être évacuées ? Toujours est-il que ces quelques jours d’absence permettaient à l’accouchée de se reposer et de s’occuper de son bébé tandis que les femmes de l’entourage s’occupaient de la maison. On a retrouvé un certain nombre de représentations de femmes allongées ou assises, allaitant leur bébé.
"Les ostraca peints montrent des femmes allaitant des enfants dans un pavillon léger aux colonnes ornées d’ancolies ou de clématites"
(Lynn Meskell, p91...d’après Pinch, 1994)
L’apparition des menstruations est peu documentée dans les textes dont nous disposons. Nous ne pouvons comprendre comment les adolescentes percevaient ce passage à l’âge adulte. Quant à l’aspect pratique de la protection hygiénique, les découvertes faites à Deir el-Médineh apportent certaines réponses. En effet, on a retrouvé des listes de vêtements à nettoyer et notamment des "bandes du derrière" (serviettes faites de deux épaisseurs de lin que l’on donnait à nettoyer avant de les réutiliser [Joyce Tyldesley : "Les femmes dans l’ancienne Egypte" p143]).
Il semble que les femmes étaient considérées comme impures pendant la période de leurs menstrues.
Selon Lynn Meskell, le terme désignant le cycle menstruel, Hsmn, avait la même racine que le mot "natron", impliqué dans la purification. Ce serait un euphémisme ! Il semble, d’après Wilfong T.G. qu’il existait, à Deir el-Medineh, un "lieu des femmes", construit à l’extérieur du village, cabane où se retiraient les femmes en période menstruelle. Apparemment ces "lieu des femmes" étaient habités à la fois par les femmes ayant leurs règles, et par celles venant d’accoucher. Il est certain que l’absence momentanée des femmes et surtout si elles étaient plusieurs (ce qui semble avoir été le cas en raison d’une certaine synchronisation de ces périodes parmi les femmes d’une même communauté, phénomène actuellement bien connu) ait créé des problèmes dans la vie sociale et motivé certaines absences du personnel masculin sur les lieux de travail. On possède en effet des registres de travail de la Vallée des Rois dans lesquels certains hommes prenaient congé à ces périodes pour faire fonctionner la maisonnée.
Pratiques et représentations du sexe
Virginité
Selon C. Desroches
Noblecourt, certains textes font penser que la virginité de la jeune épousée était très importante lors du mariage. Par contre, Joyce Tyldesley rapporte que la jeunesse des fiancées ne les
empêchait pas d’avoir une activité sexuelle. Strabon décrit une jeune fille de noble naissance, dévouée au service d’Amon :
"Elle se prostitue et couche avec qui elle veut jusqu’au moment où survient la purification de son corps " Cette purification du corps signifie l’apparition des règles.
![]()
Morale
On considère à tort les égyptiens comme des obsédés sexuels.
Les fantasmes existaient à l’époque bien sur (par exemple manger en faisant l’amour), mais en réalité, même si les tabous de l’époque étaient différentes de la nôtre, il n’y a pas de raison d’être choqué ou d’être surpris par leur pratiques (par exemple, il ne pratiquaient pas le baiser, ce qui n’a pas manqué d’étonner les membres du forum lors d’une discussion sur les sexe chez les égyptiens). Les égyptiens avaient cependant eux aussi une morale. Par exemple, ce que l’on pourrait appeler aujourd’hui le viol sur un mineur était expressément puni dans les textes :
![]()
"Ne fais pas l’amour avec une femme-enfant, car tu sais qu’on lutter contre l’eau qui est sur son cœur. Ce qui se trouve dans son ventre ne sera pas rafraîchi ; qu’elle ne passe pas la nuit à faire ce qui doit être repoussé, qu’elle soit calmée après avoir mis un terme à son désir."
(Enseignement du sage Ptahhotep, maxime 34)
![]()
![]()





























amitiés