HISTOIRE de la SURDITE
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PLATON et ARISTOTE
Dans la Grèce Antique, le philosophe Platon (-427 à -347) utilisait le mot "logos" qui
signifiait à la fois "la parole" et "la raison". Pour lui, quelqu'un qui ne parle pas ne peut pas raisonner.
Pour Aristote (-384 à -322), l'ouïe est nécessaire à l'intelligence.
"L'ouïe contribue à la pensée pour la très grande part, car le langage est la cause de
l'instruction. Il se compose en effet de mots et chacun des mots est un signe.
C'est pourquoi, parmi les hommes privés congénitalement d'un sens, les aveugles-nés sont plus
intelligents que les sourds-muets"
L'ANTIQUITE
Saint-Jérôme (fin IVe siècle) observe que des sourds peuvent apprendre l'Evangile par les signes et utilisent "dans la conversation journalière des
mouvements expressifs de tout leur corps".
Saint-Augustin, dans sa correspondance avec Saint-Jérôme, évoque l'existence d'une famille sourde très respectée de la bourgeoisie milanaise, et dont
les gestes forment les mots d'une langue.
"Chez quelques peuples, dans l'Antiquité, les parents, aussi honteux qu'affligés de la naissance d'un enfant sourd-muet, le dérobaient à tous les
yeux. Chez les Egyptiens, au contraire, et chez les Perses surtout, leur destinée était l'objet de la sollicitude religieuse du peuple. On regardait leur infirmité comme un siège visible
de la faveur céleste".
(Ferdinand Berthier "Les sourds avant et depuis l'Abbé de l'Epée", Paris, 1940).
. XVIe siècle
En Espagne, Pedro Ponce de Leon (moine bénédictin) (1520-1584), éduque quelques enfants sourds de familles nobles. Il montre publiquement le succès
de cette éducation.
Juan Pablo Bonet (1579-1623) publie en 1620 un ouvrage intitulé : "Simplification des lettres de l'alphabet et méthode de l'enseignement
permettant aux sourds de parler". Il enseigne les sons du langage parlé, lettre par lettre, à l'aide d'un alphabet manuel (attribué à Saint-Bonaventure). La dactylologie française
actuelle en est dérivée.
Montaigne écrit : "Nos muets disputent, argumentent et content des histoires par signes. J'en ai vu de si souples et formés à cela qu'à la
vérité, il ne leur manque rien à la perfection de se savoir faire entendre".
Il ajoutera plus tard : "Ils ont besoin des alphabets des doigts et grammaire en gestes".
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Au
début du XVIIIe siècle
Le premier sourd connu ayant enseigné à d'autres sourds en langage gestuel est Etienne de Fay, professeur, dessinateur et architecte à Amiens (vers
1710).
En France, Jacob Rodrigue Pereire (1715-1780) enseigne la parole à de jeunes sourds de familles riches. Il utilise l'alphabet manuel de Bonnet et
quelques gestes de son invention pour certaines syllabes.
Il refuse les gestes naturels. Il prône la "démutisation" (terme qui sera employé par Seguin en 1847) : l'élève touche la gorge
du professeur et essaie d'imiter à la fois les vibrations qu'il sent et l'articulation des organes qu'il voit.
L'abbé de l'Epée (1712-1789)
Ce n'est qu'un 1760 qu'un entendant commence à s'interroger sur l'usage qu'on
pourrait faire des gestes naturels des sourds : Charles Michel de l'Epée. Contestataire de l'Eglise, l'abbé de l'Epée va réagir pour les sourds mais aussi contre
l'Eglise.
On raconte qu'il entre par hasard (pour échapper à la pluie) dans une maison où se trouvent deux sœurs jumelles sourdes. Il est frappé par la
complexité du langage des signes qu'elles ont élaboré ensemble et avec la communauté sourde de Paris. Il apprend les gestes avec elles.
Pour la première fois est reconnu le fait que les gestes peuvent exprimer la pensée humaine autant qu'une langue orale.
L'abbé de l'Epée crée chez lui, rue des Moulins à Paris, une petite école où il reçoit gratuitement tous les enfants sourds qu'on lui confie. Il leur
enseigne le français écrit à l'aide des "gestes naturels" (venant des élèves) et de signes artificiels de son invention.
Il organise des démonstrations de communication d'élèves sourds (de 1771 à 1774) pour des éducateurs et des célébrités venus exprès de toute
l'Europe.
L'idée se répand partout que les sourds peuvent être éduqués en groupe, grâce à une méthode gestuelle et que l'instruction des sourds n'est plus
réservée aux privilégiés. Certains racontent même qu'à Paris les sourds pauvres ont désormais plus de chances que les entendants pauvres d'accéder à l'éducation…
Il publie en 1776 un premier ouvrage, "Institution des sourds-muets", dans lequel il développe un système de "signes méthodiques". Ce livre fait
l'effet d'une bombe. Pereire (Paris), l'abbé Deschamps (Orléans), Heinicke (en Allemagne) se révoltent : seule la parole peut exprimer la pensée humaine !
L'abbé de l'Epée n'aura pas inventé la Langue des Signes mais une convention gestuelle personnelle, vite abandonnée des
sourds, habitués aux signes utilisés dans leur ville par la communauté sourde et surtout à la grammaire de leur langue des signes, grammaire complètement méconnue par l'abbé de l'Epée. Toutefois,
Charles Michel de l'Epée se sera battu et aura réussi à imposer à l'opinion, l'idée que les sourds sont des hommes comme les autres et qu'ils sont capables d'intelligence et d'apprentissage,
comme tout le monde
La fin du XVIIIe
siècle
Pierre DESLOGES
En 1779 paraît sans soute le premier livre écrit par un sourd "Observations d'un sourd-muet". Il s'agit de Pierre Desloges, relieur et "colleur de papier
pour meubles", âgé de 32 ans. Devenu sourd à 7 ans, trop jeune pour avoir bénéficié de l'enseignement de l'abbé de l'Epée, Pierre Desloges avait eu le temps d'acquérir les rudiments du français
et de les développer à force de travail grâce aux livres qui lui passaient par les mains.
En 1791, l'Assemblée Nationale attribue à l'abbé de l'Epée le titre de Bienfaiteur de l'Humanité et décide que les sourds peuvent bénéficier des Droits de
l'Homme.
En 1789, à la mort de l'abbé de l'Epée, son école devient l'Institution Nationale des Sourds-Muets. C'est l'abbé Sicard qui la dirige.
Son élève, Jean Massieu, en devient le deuxième professeur sourd de France après Etienne de Fay.
Jean Massieu ayant acquis la maîtrise de la Langue des Signes à Paris, il l'enseigne à l'abbé Sicard. Ce dernier,
cependant, continue à mêler un tas de signes personnels aux signes appris, rendant ainsi sa propre langue des signes aussi incompréhensible que celle de l'abbé de l'Epée.
XIXe siècle : Jean-Marc
ITARD
Médecin-chef de l'Institut de Paris à partir de 1800, Jean-Marc Itard (connu pour son éducation de l'enfant sauvage de l'Aveyron), consacre sa vie à la
guérison de la surdi-mutité et à l'enseignement de la parole.
Convaincu d'une origine physiologique de la surdité, il se livre à de nombreuses expériences médicales douloureuses (et souvent très cruelles) sur des élèves
de l'Institut.
Ne parvenant pas à apprendre à ses élèves à prononcer les mots ou les sons qu'il désirait, il conclut que ses élèves
sont "contaminés" par les habitudes gestuelles des autres classes. Il cherche alors à supprimer totalement l'usage de la Langue des Signes au profit d'une éducation exclusive de la parole. Il
finira par reconnaître "indispensable" la langue des Signes dans l'instruction "morale" et "intellectuelle" du sourd, tout en gardant sa préférence pour la parole. Par testament, il financera
d'ailleurs une classe de l'Institut dans laquelle tout usage de la Langue des Signes est interdit. Laurent CLERC
En 1816, les Américains viennent chercher le Français Laurent Clerc, professeur à l'Institut de Paris, pour fonder sur le
nouveau continent la première école américaine pour sourds. Laurent Clerc crée dans le Connecticut une école où sont utilisés massivement les signes français.
Malgré les modifications et les apports locaux dus au temps, l'American Sign Language (ASL) reste aujourd'hui cousine de la Langue des Signes
Française.
R.A.A.Bébian, neveu de l'abbé Sicard, devient en 1817, responsable pédagogique de l'INJS. Il propose pour la première fois un enseignement bilingue.
Pour lui, le recours à la langue naturelle des signes est irremplaçable. L'acquisition de la langue française est facilitée quand l'idée est déjà comprise grâce à la langue des signes.
Parallèlement, les élèves apprennent à lire et à écrire le français correctement.
En 1831, le nouveau directeur de l'Institut, Désirée Ordinaire, impose aux élèves des cours de parole dure. Les
professeurs sourds s'y refusent. Il veut alors interdire complètement l'usage des signes. Il doit démissionner en 1836.
Ferdinand
BERTHIER
Ferdinand Berthier est l'un des plus brillants exemples de réussite d'un sourd par l'éducation bilingue (LSF et français écrit), la LSF étant alors
(provisoirement) autorisée. Il devient professeur à l'Institut National des Sourds de Paris et défend hardiment le peuple sourd. Il écrit de nombreux livres sur le monde des sourds. Il est élu
membre de la Société des Gens de Lettres. Il dénonce les erreurs de méthode de l'Abbé de l'Epée mais le respecte infiniment et en défendra la mémoire toute sa vie.
En 1834, il crée la Société Centrale des Sourds-Muets de Paris qui vise à rassembler, mobiliser, animer la communauté des sourds. Il organise chaque
année un banquet qui rassemble les sourds de France.
En 1841, il fait ériger un monument à l'emplacement supposé de la tombe de l'abbé de l'Epée (Eglise St-Roch à Paris). En 1843, il fait ériger une
statue de l'abbé de l'Epée à Versailles.
En 1868, il publie "le Code Napoléon mis à la portée des sourds-muets". Il meurt en 1886. La seconde moitié du XIXe
siècle
En 1854, Rémy Valade, professeur à l'Institut de Paris, publie le premier ouvrage de grammaire de la Langue des Signes (ouvrage réédité en
1979).
En 1872, l'Anglais Alexander Graham Bell instruit les sourds à l'aide d'une méthode de lecture pour apprendre les sons : la "parole visible" (inventée
par son père). Il part aux Etats-Unis pour présenter sa méthode, s'y installe et ouvre une école. Il inventera plus tard le téléphone et l'audiomètre…
Il soutient la cause de l'oralisme et veut interdire le mariage des sourds entre eux sous prétexte que "la reproduction
d'une race d'individus déficients serait une calamité pour la société".
Le Congrès de Milan "Vive la parole
!"…
En 1878, un mini-congrès d'entendants pro-oralistes se tient à Paris pour débattre de l'insertion des sourds dans la société. Il
décide de préparer un congrès international sur le même thème : ce sera le Congrès de Milan (1880). On y trouve 162 congressistes entendants (majoritairement Français et Italiens) et deux
personnes sourdes.
Deux jours avant le congrès puis chaque après-midi, les délégués assistent à des démonstrations, toutes réussies, de l'éducation orale des sourds. De
nombreux témoignages montreront ensuite que les jeux étaient soigneusement préparés d'avance. Le congrès se termine par un cri : "Vive la parole !" et par un vote unanime des délégués (à
l'exception des Américains) pour l'interdiction des gestes dans l'éducation des sourds.
Les derniers élèves instruits par la "mimique" ayant quitté l'Institut en 1887, les professeurs sourds doivent ensuite quitter à leur tour les lieux de
formation des élèves sourds.
Le Congrès de 1900 frappe d'interdiction toute participation des sourds français. Edward Miner Gallaudet Fils, enseignant entendant, ose contester
cette décision, propose une éducation "mixte" de la langue (où le mot "signe" est soigneusement évité) mais sa demande est refusée par le Congrès.
Une "Guerre de Cent Ans" commence ainsi, durant laquelle les sourds ne peuvent communiquer en signes qu'en cachette, se
transmettant illégalement une langue interdite dans toutes les écoles, dans tous les lieux d'instruction.
Cent ans pour percer le
silence.
En 1903, création du premier centre de rééducation de l'ouïe avec enseignement de la Lecture Labiale (Ce Centre sera reconnu d'utilité
publique pour la rééducation des enfants exclusivement en 1953)
En 1924, Rubens-Alcais crée les Jeux Olympiques des Sourds.
En 1926, Crellard crée le Salon International des Artistes Silencieux.
La majorité des sourds de France, après les années 50, se trouve massivement et gravement sous-éduquée. Elle quitte l'école avec un niveau très
bas.
Il faut attendre 1971 et le Sixième Congrès de la Fédération Mondiale des Sourds (qui se tient cette année-là à Paris)
pour que les entendants français travaillant avec des sourds prennent conscience de la richesse et de l'efficacité des traductions simultanées en Langue des Signes, en voyant travailler les
interprètes suédois et américains.
1967 : Le Langage Parlé Complété
/
Le Cued Speech
En 1967, le docteur physicien R.Orin Cornett met au point à Washington le Cued Speech, dans une perspective d'éducation purement oraliste.
Le Langage Parlé Complété est une aide à la lecture labiale. Il s'agit d'associer, à chaque phonème prononcé, un geste de complément effectué par la
main près du visage. Le L.P.C. vise l'élimination des sosies labiaux.
L'acquisition des structures de la langue grâce au L.P.C. permet aux enfants sourds d'apprendre à lire à un âge normal et en suivant les mêmes étapes
qu'un enfant entendant. Au congrès de 1975, les Français découvrent le développement social et intellectuel des communautés sourdes américaines où la langue des signes est
autorisée.
Parmi les Français, se trouve Bernard Montez à qui on doit l'appellation désormais officielle de Langue des Signes Française (L.S.F.)
En 1975, la Loi d'Intégration incite les enfants sourds et malentendants vers l'intégration à l'Education Nationale. Mais en l'état, toujours sous le
joug du Congrès de Milan, les élèves sourds en intégration souffrent d'isolement.
1977 : Introduction du L.P.C. en France par une famille américaine venue s'installer à Aix-en-Provence et ayant utilisé auparavant le Cued Speech aux
U.S.A.
1980 : Création de l'A.L.P.C. par des parents et des professionnels afin d'assurer le développement et la promotion du LPC en France.
Création du LPC en Belgique et en Suisse.
1983 : Arrivée du LPC en Isère.
1986 : Création du diplôme de codeur LPC reconnu par le Ministère de l'Education Nationale et le Ministère de la Solidarité.
1986 : Création du SSEFIS CODALI qui apporte une aide à l'intégration scolaire avec LPC.
1991 : la LSF libérée.
C'est en 1977 que le Ministère de la Santé lève légèrement l'interdit qui pèse sur la Langue des Signes. Mais ce n'est qu'en 1991 que l'Assemblée
Nationale accepte, par la loi Fabius, l'utilisation de la LSF dans l'éducation des enfants sourds. "Dans l'éducation des jeunes sourds, la liberté de choix entre une communication bilingue
-langue des signes et français (écrit et oral)- et une communication orale est de droit". La mise en pratique de la loi est lente : manque de moyens financiers, difficultés pour les sourds
d'accéder aux formations de formateurs et d'enseignants spécialisés,…
En 1980 se crée l'Association Nationale Française d'Interprètes pour les Déficients Auditifs.
Le 17 juin 1988, le Parlement Européen vote une résolution sur les langues des signes à l'usage des sourds. Elle vise à la reconnaissance officielle
dans chaque état membre du langage gestuel employé par les sourds. Elle invite les états membres à éliminer tous les obstacles auxquels se heurte encore l'usage du langage gestuel. Elle invite
les états membres à financer des projets pilotes en faveur de l'enseignement à des enfants et à des adultes entendants du langage des signes par des sourds formés à cette fin.
Sourds et médias
En 1992, Emmanuelle Laborit interprète "Les enfants du silence" sur scène, ce qui lui vaudra le
Molière 93 de la Révélation Théâtrale.
En 1992, "Le pays des sourds", réalisé par Nicolas Philibert, sort dans les salles de cinéma
françaises et présente simplement la réalité des sourds français d'aujourd'hui. Vie quotidienne, problèmes et joies, travail, mariages, naissances, éducation, relation
sourds-entendants,…
En 1992, "La marche du siècle" consacre une émission au "peuple des sourds".
Fin 1994, la Cinquième crée une émission hebdomadaire de 30 minutes intitulée "L'œil et la
main", présentant un panorama complet du monde des sourds en France et dans le monde, entièrement proposé en Langue des Signes.
En 1994, Emmanuelle Laborit publie un ouvrage autobiographique : "Le cri de la mouette"
(Editions Laffont)
En 1995, France 3 Midi-Pyrénées propose une émission mensuelle intitulée
"Pôle-Signes".
France 2 diffuse toujours quotidiennement un flash d'informations traduit en Langue des
Signes.
1995 : Emission de Jean-Luc Delarue, "Ca se discute", sur le monde des sourds.
FR3 régions rend compte régulièrement des stages d'été du LPC.
Radio France Isère présente une semaine d'émissions médicales dont l'une consacrée au LPC
(interviews de Martine Marthouret).
La radio catholique RECI interview Catherine Bernard, présidente de l'Association
ADIDA.
En 1996, l'Hôpital de la Pitié-Salpétrière crée un service d'accueil en LSF.
Le 19 janvier 2000, nouvelle émission de Jean-Luc Delarue "Ca se
discute" entièrement consacrée au monde des sourds (sur France 2 Le rapport Gillot
(1998)
Le 30 juin 1998 Dominique Gillot, députée du Val
d'Oise, présente son rapport pour le "Droit des sourds" en 115 propositions, "…pour que le siècle qui s'ouvre devant nous fasse du droit des sourds le devoir des
entendants".
Le rapport Gillot demande notamment une meilleure prise en compte de l'intérêt du LPC par les
"décideurs".
Le 27 mars 1999 a lieu la Marche Nationale des Sourds dans toutes les grandes villes de France,
réclamant notamment la reconnaissance officielle de la Langue des Signes Française, un corps d'interprètes d'Etat permettant l'exercice des droits des sourds (droit à la Justice, droit à
l'information complète,…), le bilinguisme (LSF et français écrit et parlé) reconnu dans l'enseignement scolaire et professionnel,…
En 1999, Dominique Gillot remplace Bernard Kouchner au Ministère de la Santé…
ALPHABET DES SIGNES
Le développement des moyens de communications entre les entendants et les sourds, passe par l'apprentissage du plus grand
nombre de la langue des signes!
Une langue des signes est une langue visuelle. C’est le moyen de communication qu’utilisent les sourds pour
dialoguer. A chaque mot correspond un signe, un peu comme dans l’écriture chinoise ; « parler » pour une personne sourde c’est signer.
Dans le monde, chaque pays a sa propre langue et il en est de même pour la langue des signes avec, par exemple, la langue des signes française (LSF), la langue des signes américaine (ASL) … Pour
pouvoir communiquer avec des personnes étrangères, une personne entendante doit apprendre la langue étrangère.
Par contre pour les sourds, c’est plus facile : si la personne sourde ne connait pas la langue signée
du pays étranger, il lui suffit de mimer le mot que ce soit un objet, une forme, une action.
Il existe des gestes que presque tout le monde connait sans s’en rendre compte tels que boire, manger,
conduire ….
Il existe également une langue des signes internationale, parlée dans de nombreux pays et utilisée lors des
rencontres internationales, lors de séjours à l’étranger. Mais cette langue n’est pas beaucoup parlée et elle est différente de la LSF, mélange de l’ASL et d’anglais…
Au collège, j’étais dans une classe spécialisée pour élèves sourds dans un établissement « normal ». Ensuite, mes deux années de BEP se sont déroulées en intégration complète. En 2005 la
loi n’autorisait pas encore d’épreuves de LSF donc je n’ai pas pu passer cette épreuve ! Depuis quelques années, tous les élèves peuvent recevoir un enseignement de LSF qui peut être
choisi comme épreuve en option aux examens.
Petite histoire de la langue des signes française (LSF)
C’est au 18ème siècle que Charles-Michel de l’Épée dit l’Abbé de l’Épée découvre la langue des sourds lorsqu’il rencontre 2 sœurs jumelles sourdes et muettes communicant entre elles à l’aide de
leurs mains. Il décide de transformer sa maison en école pour enseigner le français aux élèves sourds avec des signes « codes ». Il forme d’autres professeurs sourds et entendants qui viennent
de France et des pays européens.
Deux de ses élèves sourds sont devenus professeurs de sourds : Jean Massieu et Laurent Clerc. En 1815, Thomas Gallaudet, pasteur américain emmène Laurent Clerc aux États-Unis et ils fondent la
première école de sourds américains.
Mais au 19ème siècle, lors du congrès de Milan en 1880 (où très peu de personnes sourdes sont présentes) la langue des signes a été interdite et il a été décidé d’utiliser la méthode orale.
"La langue des signes et du corps est interdite dans l’éducation. Trop " sensuelle ", elle est jugée incapable d’exprimer l’abstraction et la spiritualité." (Petite histoire de la LSF,
Iris). Malgré cette interdiction de signer pendant presque 100 ans, la LSF ne disparaît pas : les sourds la transmettent de génération en génération pendant les récréations. Cependant, les
échecs scolaires des élèves sourds se sont multipliés à cause de cette interdiction et du sentiment de frustration qui en est né.
Deux méthodes pédagogiques s'opposent encore de nos jours. La "méthode orale" qui fait parler les sourds sans qu’ils entendent ce qu’ils disent. Elle incite à lire sur les lèvres. Avec cette
méthode, il me semble que l'expression est limitée. La seconde méthode, le "bilinguisme", associe l’écrit en français à la LSF. Elle permet de faire le parallèle entre le français et la langue
des signes et donne aux sourds davantage de moyens d'expression, pour toutes les situations de communication, entre sourds ou entre sourds et entendants.
Après un siècle de silence, dans les années 1970, c’est la période de ce qu’on appelle le « réveil Sourd » grâce à Bernard Mottez qui a fait des recherches sociologiques et sociolinguistiques
sur la langue des signes. Il s’est battu pour la reconnaissance de la LSF, l’identité de la personne sourde, s’intéresse à la communauté sourde et à sa langue.
Ensuite, les sourds ont manifesté et se sont mobilisés pour que la langue des signes soit reconnue comme une langue.
La loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées a répondu à leurs revendications en établissant que
l’information destinée au public doit être diffusée par des moyens adaptés à l’handicap et que la Langue des Signes Française est reconnue comme une langue à part entière.
…
Le langage arabe des signes
Le langage des signes dans le monde arabe a eté récemment reconnu et documenté. Beaucoup d'efforts ont été
faits pour établir le langage des signes employé dans chaque pays, dont la Jordanie, l'égypte, la Libye et les états du Golfe, en essayant de standardiser la langue et de la répandre parmi les
membres de la communauté des malentendants et ceux qui sont concernés. De tels efforts produisirent beaucoup de langages des signes, presque autant que de pays arabophones, pourtant avec les
m�mes signes alphabétiques.
Le langage des signes en Chine
Il y a quelques années, j’étais très intéressé pour étudier le langage des signes. J’avais alors appris que
chaque pays disposait d’un langage des signes différents, et qu’ainsi quelqu’un parlant le langage des signes anglais ne comprendrais qu’approximativement le langage des signes français. Et
logiquement, aurait beaucoup de mal à comprendre le langage des signes Chinois.
Ces derniers temps en prenant le bus quotidien pour me rendre à l’université, je passait devant une station
de bus qui est juste en face d’un centre pour sourds-muets du Nord de Shanghai.
La langue des signes en Chine est relativement récente, et le dernier alphabet date seulement de 1963. La
première école pour malentendant date de 1883, je ne sais pas les dates pour la France ou l’Amérique, mais je trouve ça vraiment très récent.
En faisant une petite recherche sur Chine-Informations.com, je suis tombé là dessus :
En dehors de la récente préoccupation des
besoins des sourds, il y a encore une totale ignorance de la culture des sourds, et ce parmi les sourds eux-mêmes. La surdité semble être perçue comme une infirmité, les sourds se sentent
eux-mêmes infirmes. Beaucoup de parents d’enfants sourds dépensent des milliers de yuans dans toute sorte de remèdes pour « guérir » la surdité, comme l’acuponcture, les centres de
réhabilitation, les aides auditives. Beaucoup aussi pensent que la langue des signes ne ferait que freiner l’apprentissage de la parole, et interdisent à leurs enfants de se lier avec les
autres enfants sourds. A cause de cette éducation, beaucoup de sourds ont du mal à accepter leur identité de sourds, et méprisent les autres malentendants. Beaucoup d’étudiants atteints de
surdité, préfèreront un professeur qui parle plutôt qu’un utilisant la LSC. Il n’y a aucun sourd de référence en Chine. Les gens sourds essaient généralement de se fondre dans la masse et
refusent d’être associés à la communauté des sourds. Les écoles ont commencé à promouvoir la culture des sourds, mais le changement est lent. Les sourds ont plus de facilités qu’ils n’en ont
jamais eues. Il y a plus d’écoles qui leur sont destinées. A Shanghai, il y a un centre médical spécialisé dans les déficiences auditives et la communication orale, dirigé par le bureau de la
Santé de Shanghai et l’université de Fudan.
Il semblerait que ce “centre” est simplement celui devant lequel je passe tous les jours ! Et je m’apperçoit
combien la vie des autres sourds de Chine doit être terrible !
En recherchant sur des sites Chinois, j’ai découvert l’alphabet de la langue des signes chinoise, que je
trouve beaucoup plus simple à utiliser que ceux de France ou d’angleterre (cf.photo)
Langue des signes française
La Langue des signes française (LSF) est une langue visuelle qui est la
langue des signes utilisée par les sourds et muets français (attention aux termes employés, la plupart des sourds ne sont pas muets, au sens clinique du terme) et certains malentendants pour traduire leur pensée. La LSF est une langue à part entière et un des piliers de l’identité de la
culture sourde.
La LSF est signée par 100 000 à 200 000 personnes sourdes.
Histoire
Pendant longtemps, les sourds, isolés, n’ont pu enrichir leurs langues signées et ont dû se contenter d’une gestuelle
simpliste ; de ce fait, ne disposant pas d’une langue élaborée, leur esprit ne pouvait se structurer et il leur était donc impossible de développer des capacités intellectuelles égales à
celles de leur entourage entendant (d’où l’idée répandue qu’un sourd était idiot). C’est dans les familles de sourds qu’ont pu s’élaborer les premiers fondements de la LSF. Et c’est en se
regroupant que les sourds ont pu enrichir leur langue.
L’abbé Charles Michel de l’Épée fut, en 1760, le premier entendant connu à s’intéresser aux
modes de communication des « sourds-muets » en observant un couple de jumelles sourdes communiquer entre elles par gestes ; il découvre l’existence d’une langue des signes. Il décide alors de regrouper les enfants sourds pour les instruire. Il apprend lui-même la langue des signes grâce à ses élèves et démontre les progrès
obtenus jusque devant la Cour de France. C’est ainsi qu’il peut ouvrir une véritable école pour sourds qui deviendra l’Institut national des jeunes sourds, aujourd’hui Institut Saint-Jacques,
à Paris. À la mort de
l’abbé de l’Épée en 1789,
l’abbé Sicard lui succède et tente d’imposer un langage gestuel conventionné et agrémenté d’une grammaire de « signes méthodiques » qui sera abandonné par la
suite.
Cependant, les oralistes considèrent que les sourds doivent apprendre à parler pour s’intégrer dans la société.
Le congrès de Milan en 1880 — où l’immense majorité des participants est entendante — décrète l’abandon de la langue des signes dans l’enseignement. Trois raisons sont invoquées : la
LSF n’est pas une vraie langue, elle ne permet pas de parler de Dieu, et les signes empêchent les sourds de bien respirer, ce qui favorise la tuberculose. Cette interdiction dure près de cent
ans, pendant lesquels les professeurs sont entendants et utilisent exclusivement la méthode oraliste. Cependant, malgré l’interdiction de signer en classe, la LSF ne disparaît pas, les sourds se
la transmettant de génération en génération, la plupart du temps pendant la récréation.
En 1991, la loi Fabius favorise le choix d’une éducation bilingue pour les sourds : LSF et le français écrit et oral. En février 2005, une loi institue la LSF comme langue officielle
en France.
Aujourd’hui, des instituts -certains privés- ou des associations ont de nouveau intégré la LSF dans leur enseignement. Les professeurs sourds ne
sont pas reconnus de façon officielle par l’Éducation nationale : les professeurs entendants signent, aidés par des éducateurs sourds.
Alphabet dactylologique
L’alphabet dactylologique est la façon de signer l’alphabet latin. Il est utilisé pour épeler les noms
propres ou les mots n’existant pas encore en LSF. La dactylologie de la LSF se fait d’une seule main, alors que l’anglaise se pratique avec les deux mains.
La lettre A
La lettre B
La lettre C
La lettre D
La lettre E
La lettre F
La lettre G
La lettre H
La lettre I
La lettre J
La lettre K
La lettre L
La lettre M
La lettre N
La lettre O
La lettre P
La lettre Q
La lettre R
La lettre S
La lettre T
La lettre U
La lettre V
La lettre W
La lettre X
La lettre Y
La lettre Z
Grammaire
La grammaire de la LSF est « en 3D », c’est-à-dire qu’il est
possible d’exprimer plusieurs idées simultanément, ce qui la différencie de la grammaire française linéaire. Par exemple :
-
le francophone va dire : « Hier je me suis super bien amusé à la fête… » en mettant les mots dans cet ordre ;
-
le signeur va signer sur la ligne du temps que c’était « hier », signer le mot « la fête » et qu’il s’est « super bien amusé » en
utilisant les intensifs du visage et des gestes.
La langue des signes française a une grammaire différente du « français signé » (qui garde la syntaxe du français, mais utilise des signes pour
les mots).
-
Expressions du visage pour indiquer le sens de la phrase. Par exemple, pour poser une question totale (qui sollicite une réponse par oui
ou non), le locuteur aura les sourcils froncés pendant sa phrase. En revanche, une question ouverte comme « Où vas-tu en vacances ? » sera posée avec un haussement des
sourcils, également utilisé pour les intensifs par exemple très ou beaucoup…
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La ligne du temps : il n’existe pas de conjugaison en LSF, il suffit au signeur de situer l’action sur la ligne du temps (perpendiculaire à
lui : derrière son épaule le passé, au niveau de son corps le présent et devant lui le futur).
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Transferts : des gestes pronominaux montrant le rôle ou la forme du référent. Pour faire référence à un homme, le locuteur utilisera son
index vers le haut, mais pour parler d’une voiture, il utilisera la main à plat. Notez que les noms pour homme et voiture sont différents des pronoms décrits.Les verbes de mouvement peuvent
également être signés pour indiquer la direction : « La voiture tourne à gauche » sera le classificateur de voiture tournant à gauche. Autre exemple‚ « Un homme
monte l’escalier » se fera par deux doigts imitant les jambes montant un escalier, dans un mouvement pouvant être différent selon qu’il s’agit d’un escalier classique ou en
colimaçon…
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Pour raconter quelque chose et parler de personnes absentes le signeur définit sa place et celle des autres dans l’espace, à la manière d’une
mise en scène théâtrale, il est ainsi plus facile de comprendre et de suivre visuellement de qui il s’agit et quels sont les rapports entre les personnages.
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Les verbes uni et pluri-directionnels :
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Les verbes pluri-directionnels. Pour signer « Je te téléphone », le locuteur fera le signe téléphone de lui vers son interlocuteur. En
revanche, « Tu me téléphones » se fera en signant téléphone de l’interlocuteur vers le locuteur.
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Les verbes unidirectionnels : qu’on utilise le « je », le « tu » ou le « il » le verbe aura la même forme comme par exemple les
verbes « aller », « manger ».
La syntaxe de la LSF est un sujet de recherche. Elle est parfois enseignée comme une langue d’ordre libre ou une langue OSV (objet sujet verbe), mais certains chercheurs pensent que les
choses sont un peu plus subtiles. (On peut se référer notamment aux travaux de Christian Cuxac, enseignant-chercheur à Paris VIII.)
L’ordre des mots est le suivant : tout d’abord le lieu, puis le temps, ensuite le sujet et
enfin l’action. Ce qui est logique puisque la pensée visuelle des sourds entraîne une mise en scène systématique de ce qui se dit : le décor est tout
d’abord planté, les acteurs entrent ensuite en scène et l’action peut enfin débuter…
Vocabulaire et genèse des signes
Le lexique des signes est toujours en perpétuel mouvement et s’enrichit encore aujourd’hui. En effet, au fur et à mesure que le monde des sourds
découvre et accède à des milieux spécialisés (milieu étudiant ou professionnel), le besoin de créer de nouveaux signes se fait davantage sentir.
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des signes venus du mime (dits iconiques) : beaucoup de signes peuvent être faciles à retenir même pour un entendant car ils font partie du
mime pour des actions (manger, dormir, parler…), des objets (pomme de terre, poupée…), des lieux ou paysages (école,
maison, montagne…), des animaux (vache, escargot, éléphant).
Ce sont ces signes culturels que sourds et entendants ont en commun dans leur imaginaire collectif qui sont la base de la communication entre eux ; ces signes
créent souvent une complicité et un sens de l’humour commun. Tout cela fait des échanges entre sourds et entendants un moment agréable, voire une découverte, pour les entendants, d’un univers
poétique qui allie visuel et pensée.
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des signes arbitraires : l’alphabet dactylologique est un des meilleurs
exemples de signes arbitraires (bien que certains signes aient des ressemblances de formes avec la graphie de la lettre) créés afin de faire lire les mots français aux sourds. Il permet aux
sourds d’épeler des mots à des entendants qui ne connaissent pas le signe correspondant, mais le plus souvent c’est pour épeler leur nom ou celui d’une ville dont le signe n’est pas encore
connu. Il s’agit là d’un pont non négligeable entre les deux langues.
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des signes influencés par la langue française : en côtoyant le monde des entendants la LSF a aussi intégré des signes directement en
relation avec le français et souvent les premières lettres des mots sont associées à des mouvements plus ou moins arbitraires, par exemple le v de vert, vrai ou
vacances, le r de rêve ou de raison, le s de sœur ou le f de frère…
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des signes sans cesse inventés : ceux par exemple pour nommer quelqu’un (orthosignes) : c’est la première chose que
font les sourds lorsqu’une personne nouvelle arrive et qu’elle n’a pas de signe, ils en trouvent un en fonction du physique ou du caractère de la personne…
Français signé
Le français signé est l’utilisation de signes de la LSF ordonnés selon la syntaxe linéaire de la langue française. Ce compromis naît de la
nécessité de communiquer ; il est utilisé par des entendants de langue maternelle française qui ont d’ailleurs parfois une bonne connaissance des signes mais ne maîtrisent pas la syntaxe de
la LSF.
Par exemple, en LSF, la phrase « J’aime cette voiture. » sera signée voiture cette aimer. Dans le français signé, le locuteur utilisera l’ordre
aimer cette voiture.
Dans l’enseignement aux jeunes sourds, le problème qui se pose est que leurs enseignants sont souvent des entendants et qu’ils n’utilisent pas
naturellement la syntaxe de la LSF, mais plutôt naturellement celle du français signé, ainsi les jeunes sourds n’ayant pas de parents sourds calquent leur façon de signer sur
leurs enseignants entendants (d’où la nécessité d’avoir des enseignants sourds pour la LSF).
Autres langues des signes
Il n’y a pas de langue de Signes universelle.
Entre les différentes langues signées, la grammaire présente des similarités qui les distinguent des langues parlées, mais le vocabulaire diffère grandement. Il
existe par exemple la langue
des signes américaine (ASL), la langue des signes britannique (BSL),
la langue
des signes belge (Langue des Signes de Belgique Francophone, LSFB), la Langue des signes québécoise (LSQ), etc.
La langue des signes américaine est proche de la LSF, avec une similarité lexicale de 43 % sur une liste-type de 872
mots
Ceci est dû à l’influence de Roch-Ambroise Cucurron Sicard sur Thomas Hopkins Gallaudet, le fondateur aux
États-Unis de la seule université enseignant en
Signes.
Il existe un dialecte de la LSF, la Langue des Signes de Marseille, utilisée par un millier de personnes à Marseille, Toulon,
La Ciotat et Salon de Provence. On la retrouve dans l’enseignement de la seule école du Togo utilisant les Signes
La langue des signes Européenne est une langue fusionnée à partir des sourds multi-linguistes en Suisse (Allemand, Italien, Français et Romanche). La langue des signes Espagnole et autre
langues comme l'anglais semblent rejoindre à cette nouvelle langue des signes Européenne en fusionnant grâce à la
langue des signes
Internationale.
La Langue des Signes internationale (LSI) (appelée aussi Gestuno) est une langue visuelle qui est la langue des signes utilisée par les sourds et muets à partir de de tous les nations du monde entier. La LSI est une langue à
part entière et un des piliers de l’identité de la culture sourde. Cette langue ne possède pas vraiment d'alphabet dactylologique de A à Z
car les langues comme le chinois ou l'hindi
n'ont pas d' alphabet. L'ASL reste la langue la
plus utilisée pour communiquer en signe dans le monde
Premiers pas de la langue des signes internationale
La langue des signes est de nouveau autorisée vers 1976, grâce à l'Université Gallaudet aux
États-Unis,
à Washington DC. La seule université actuelle au monde adaptés pour les sourds. La langue des signes française influença les "signes internationaux. Trois langues sont reconnus par la fédération mondiale des sourds: ce sont le Français, l'anglais et les signes
internationaux.
Il faudra attendre au début du XIXème siècle pour qu'apparaissent des grammaires et dictionnaires illustrés.
Bien que les langues diffèrent d'un pays à l'autre, la base grammaticale demeure, et les sourds peuvent se comprendre entre eux quelle que soit leur
provenance, y compris en France où chaque région à ses signes propres).
La langue des signes internationale fait partie de la culture sourde; elle permet de rétablir la communication par le corps dont le monde occidental a perdu l'usage.
Citons encore le Langage parlé complété (LPC), qui est un code syllabique manuel et visuel à 100% destiné à pallier les
lacunes de la lecture labiale. Mais le LPC est peu apprécié des sourds profonds (Sourds de surdité en perte supérieure à 90dB), car cela demande un effort physique (Les entendants ne ressentent
pas cet effort physique de la lecture labiale à 100% sans son!).
La langue des signes internationale est ainsi née à l'Université Gallaudet, aux
conférences internationales des sourds, et aux rassemblements tous les quatre ans aux Jeux olympiques des sourds (Deaflympics).
Le seul inconvénient est que peu de sourds arrivent à l'université, et ils forment donc une minuscule communauté de sourds. Actuellement, des sourds
ont intégré des formations de divers métiers mais peu sont arrivés à l'université jusqu'à ces dernières années, et beaucoup sont encore en grande majorité illettrés. Tant qu'il est vrai qu'on écrit une
langue que si on la parle (l'entend). Les malentendants sont 40 millons et 3.000.000 sourds profonds et 1.000.000 gestuels dans le monde.
La langue des signes, comme toutes les langues du monde, se transmet dans la famille. C'est la langue maternelle des enfants ayant des parents
sourds, et ceux-ci l'utilisent comme première langue, mais 95% des enfants sourds naissent de parents entendants, et 90% des couples sourds ont des enfants entendants. Les sourds se marient
souvent entre eux par facilité de communication.
Histoire et vie de sourds dans le monde
Tout au long de l'histoire, de nombreuses personnes ont fait allusion à la pratique linguistique des sourds :
Platon, Saint Augustin,
Rabelais, Montaigne, ou Descartes. Les Langues amérindiennes étaient aussi parmi des langues les plus gestuelles avant l'invasion des colons européens.
Au Moyen
Âge, dans les monastères, les moines soumis à la loi du silence communiquent entre eux par les gestes; comme les sourds qu'ils
hébergaient confiés par les familles qui s'en débarrassaient. Les sourds étaient néanmoins bien protégés dans la société car ils sont capables de travailler.
L'Eglise autorise les sourds à utiliser les signes pour demander le baptème et le mariage, du Vème au VIIème siècle. Mais il leur est interdit de
signer des contrats ou d'arbitrer des litiges, du XIVème siècle au XVIème siècle. Et ce n'est qu'au XVIIIème siècle qu'ils peuvent être enterrés normalement : auparavant ils étaient jetés
dans la fosse commune ou brulés.
En 1821, Jean
Itard, médecin spécialiste des sourds-muets, s'est attaché à l'éducation de Victor, un enfant sauvage de l'Aveyron. Il a également voulu démontrer la curabilité de la surdité en employant de diverses méthodes fantaisistes comme des purgatifs, induire une transpiration au
niveau de la tête, des frictions sèches sur le crâne, des perforations tympaniques avec injection d'huile bouillante, etc.
À cette époque, alors que la phtisie était vécue comme un grand fléau, Itard affirmait que les sourds y étaient prédisposés.
Historiquement, les sourds étaient placés parmi les marginaux ; on y rapportait les problèmes de santé à leur déficience sensorielle, plutôt
qu'au peu de soins qu'on leur proposait.
Au XVIIIème siècle, Charles-Michel de L'Épée, en observant deux jeunes soeurs en train de communiquer entre elles par
gestes "découvre" la langue des signes. Il meurt en 1785. La révolution a fait de l'instruction des sourds une affaire nationale : tout mettre en œuvre pour que ces exclus deviennent
citoyens à part entière et non considérés comme des parias.
De nombreuses pièces de théâtre sont créées. La surdité n'est plus une honte à la société. Grâce à Charles-Michel de L'Épée, des écoles spécialisées pour les sourds se sont développées dans les pays scandinaves où elles sont très implantées actuellement avec l'aide de nombreuses
associations.
Le premier contact avec les sourds entraine un sentiment d'étrangeté chez les entendants : voix des sourds, absence de voix, silence souvent
inquiétant et déstructurant. Quant au système de santé en France, il est en inadéquation avec les besoins des personnes sourdes qui se sentent exclues par un manque d'information, du fait de la
difficulté à communiquer. La langue utilisée dans les rapports "soignants sourds" est le Français écrit malgré le nombre de sourds illettrés et dyslexiques.
Le plus souvent l'entretien nécessite la présence d'une tierce personne ; ainsi, famille ou interprète de langues de signes dans les deux
premiers cas, il est difficile de parler de confidentialité pour parler dans ce cas d'infections sexuellement transmissibles comme le Sida par
exemple.
Alors que la sexualité des handicapés est souvent taboue, les sourds sont souvent discrets pour en parler, les adolescents souvent surprotégés, ont
par la suite une multiplication de partenaires. Par rapport au Sida, les sourds
ont le sentiment d'avoir été tenus dans l'ignorance d'un fléau mortel. Ils pensaient au début des années 90' que c'était une affaire d'entendants. Les sourds homosexuels sont les premiers
atteints.
Des études médicales européennes montrent une carence dans la prévention et le dépistage des cancers ou de maladies cardiovasculaires.
Le temps de communication avec un sourd dans une conversation est beaucoup plus long et la charge de travail incontestablement accrue. Seule une
communication en langue des signes ou une technique d'élocution avec une articulation labiale précise et parfaite peuvent éviter aux sourds l'angoisse et la colère de ne rien savoir et de tout supposer.
Les interventions d'interprètes dans les consultations médicales sont une prise de conscience de la particularité du langage des sourds. Malheureusement, les entretiens dans les tribunaux et certaines entreprises
ne reconnaissent pas toujours cette langue des signes.
En 1998, Dominique Gillot, Députée du Val d'Oise, a remis à Martine Aubry, un rapport de mission
concernant la santé des personnes sourdes. Actuellement, dans le monde, des implants cochléaires sont proposés aux familles d'enfants sourds profonds ne pouvant pas être
appareillés par manque de puissance électronique. Ces implants doivent être posés vers l'âge de 4ans, afin d'optimiser les résultats.
Mais de nombreux sourds profonds refusent cette technique de l'implantation cochléaire par peur d'une "double paranoïa" du fait d'être un handicapé auditif
qui se sent exclu parmi les gens de son entourage. Alors le fait d'être un sourd ET le fait d'être un "cyborg" risquent d'augmenter le sentiment d'étrangeté chez les entendants. La démarche peut être
assimilée à une trahison de la culture sourde et de la langue des signes. Il se peut aussi que le sourd lui-même se sent suffisamment heureux pour ne pas avoir un implant cochléaire.
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